Faits divers

Une femme qui aide les démunies depuis 20 ans lance ce concours

BRUXELLES Mathilde Pelsers, qui gère quatre centres d'accueil, de guidance et d'hébergement pour personnes démunies en Région bruxelloise, a annoncé, hier, le lancement d'un concours de beauté qui serait plus qu'un simple concours de beauté, puisqu'il vise à l'élection d'une... Miss SDF. Mme Pelsers, qui aide les sans-abri depuis les années 1980, lance ce projet d'un concours Miss SDF parce que sa fille de 18 ans qui est ravissante, Aline Duportail, participe à des concours de Miss et est déjà première dame d'honneur de Miss Flandre orientale pour le Miss Belgique 2009.

Pourquoi de tels concours seraient-ils réservés à de jeunes filles privilégiées ayant financièrement et matériellement la possibilité de s'investir ?, s'interroge Mathilde Pelsers qui a pu mesurer l'effet positif sur les lauréates et veut en faire profiter celles qui sont dans les difficultés, pour les sortir de là.

Les renseignements figurent sur le site www-misssdfbelge.be. Les candidates peuvent s'inscrire dès le mois prochain. L'organisatrice, qui affirme avoir été au contact de plusieurs associations d'aide, déclare avoir obtenu des réactions très favorables. Quant au calendrier, les présélections sont prévues au printemps 2009, de façon à organiser la finale Miss SDF 2010 à la "fin août ou au début septembre".

Le concours était présenté hier midi à l'hôtel Métropole de la place Louis de Brouckère à Bruxelles en même temps qu'Aline présentait un recueil personnel de poèmes, La ligne est là où s'arrête l'amour , publié aux éditions Gigaboek. Dans l'esprit qui se veut positif du concours, la future Miss SDF ne "sera pas forcément la plus jolie, mais la plus méritante, la plus courageuse, animée d'une volonté de s'en sortir" . Le jury prendra en compte le vécu et le concours ne récompensera pas une mais les finalistes, en prix divers, de type "possibilités de logements, achats de vêtements, soins de coiffure, etc." . "On m'a demandé comment je pouvais lier les SDF avec l'idée d'un concours de beauté, poursuit l'organisatrice. C'est simple : je veux combattre l'idée que parce qu'on serait à la rue, on n'aurait plus la volonté de s'en sortir. Si c'est un moyen d'aider, je dis : pourquoi pas ?"



© La Dernière Heure 2008