Faits divers Il détenait une clé USB renfermant notamment des vidéos d’assassinats.

Un djihadiste a-t-il tenté d’infiltrer la Belgique ? Malek Al Abdulmajd, un Syrien de 25 ans, a en tout cas été intercepté avec de faux passeports français, mardi dernier, à l’aéroport de Gosselies (BSCA). L’individu descendait de l’avion en provenance de Rhodes, en Grèce. Un pays qu’il avait gagné après avoir franchi la frontière turco-syrienne. Sur lui, les policiers ont trouvé deux clés USB qui renfermaient des vidéos plutôt inquiétantes d’assassinats et de conversations liées au Front al-Nosra, le groupe djihadiste de rebelles armés affilié à Al-Qaïda et hautement impliqué dans la guerre civile en Syrie.

Il n’en fallait pas plus pour laisser planer des soupçons de terrorisme sur ce Malek Al Abdulmajd, dont les billets d’avion ont semble-t-il été payés depuis la Scandinavie. Lors de son premier interrogatoire, l’intéressé a toutefois livré une version pouvant expliquer la détention des documents vidéos litigieux. Il déclare en effet être un journaliste syrien et avoir réussi à filmer des images dans des camps du Front al-Nosra, une faction qui aurait fini par le prendre en otage. Il serait alors parvenu à se libérer et à gagner la Grèce, puis la Belgique, afin de diffuser son reportage. Il invoque d’ailleurs des contacts avec des journalistes allemands.

Sauf que tout cela ne semble guère crédible pour le parquet fédéral, en charge de ce dossier. Au contraire, les enquêteurs suivent l’hypothèse que Malek Al Abdulmajd serait lui-même un djihadiste, ce qui expliquerait la présence de documents de propagande sur ses clés USB. Le Syrien a d’ailleurs été placé sous mandat d’arrêt pour la détention de faux passeports, mais également pour participation à une organisation terroriste. Son mandat a été confirmé ce vendredi par la chambre du conseil de Charleroi.

Pour l’heure , l’enquête se poursuit. De nombreuses vérifications doivent encore être réalisées, notamment en Allemagne auprès des journalistes cités par le suspect, et en Scandinavie, d’où proviennent ses billets d’avion. Il est également question d’un Anversois d’origine arabe que Malek Al Abulmajd était censé rencontrer. Contacté par nos soins, le parquet fédéral n’a pas souhaité faire de commentaires sur cette affaire liée à la Sûreté de l’État.


La chambre du conseil de Charleroi a ordonné, le mercredi 27 mai 2015, la remise en liberté de Malek Al Abdulmajd, un Syrien de 25 ans soupçonné de faire partie d’une organisation terroriste.