Faits divers Inculpé ce vendredi d’infractions à la législation sur les armes, Nicolas Bastien n’a pas perdu la confiance de son bourgmestre.

Scandale dans la commune boraine de Boussu : un échevin socialiste, Nicolas Bastien, a été interpellé jeudi soir par les enquêteurs de la Police judiciaire fédérale (PJF) de Mons-Tournai. De sources policières, l’échevin était en possession d’une arme à feu au canon silencieux, qu’il s’était procurée illégalement via le darknet, un réseau Internet anonyme et intraçable.

Présenté devant le juge d’instruction ce vendredi matin, Nicolas Bastien a été inculpé d’infractions à la législation sur les armes. Le parquet de Mons a confirmé l’information, sans vouloir s’étendre sur les intentions ni les motivations de l’échevin socialiste. À la suite de son audition et après avoir passé une nuit sous les verrous, Nicolas Bastien n’a pas été placé sous mandat d’arrêt par le juge d’instruction, qui a ordonné sa libération immédiate.

Se sentait-il menacé ? C’est le bruit qui court… Des menaces à l’encontre de sa famille auraient été proférées. Ou voulait-il régler ses comptes ? À ce stade, rien ne filtre. Reste que s’aventurer sur le darknet, et plus précisément sur l’un de ses réseaux le plus connus (Tor), où toutes les activités criminelles et commerces illégaux se produisent, pose de vraies questions dans le chef de l’échevin socialiste. Sur le darknet, il est en effet possible de naviguer dans un anonymat les plus total pour engager un tueur à gages, acheter de la drogue et des armes, ou acheter une fausse carte d’identité. Les enquêteurs de la PJF ont manifestement scruté durant de longues semaines le profil de l’échevin.

La stupéfaction est totale dans la commune boraine et parmi les élus de la région de Mons-Borinage. Le bourgmestre de Boussu, Jean-Claude Debiève (PS) est encore sous le choc et dans l’incompréhension. "Je ne m’attendais pas du tout à cela de sa part. C’est quelqu’un de gentil, de calme et de respectueux", précisait-il. "Je l’ai entendu dans l’après-midi. Il m’a rassuré quant à la situation. Elle n’implique en rien la commune. Il s’agit d’une histoire personnelle, qui fait beaucoup de bruit. C’est un peu de la négligence de sa part. Il n’a pas été prudent."

Vendredi, son mandat d’échevin ne lui a pas été enlevé. "Je n’ai pas pris de mesure. Aucun membre du collège ne l’a demandé. Nous prenons le temps d’examiner la situation. Il garde ma confiance", a ajouté le bourgmestre. Nous avons tenté de joindre l’intéressé, en vain. Nicolas Bastien (PS), échevin en charge de l’Enseignement, de la Jeunesse, de la Petite enfance et des Marchés publics est aussi le directeur du CPAS d’une commune voisine (Saint-Ghislain).