Faits divers Un exhibitionniste est actif dans les parcs à Anderlecht.

Selon des habitants d’un quartier d’Anderlecht, un exhibitionniste sévit depuis quelque temps dans plusieurs parcs de la commune bruxelloise. Des faits sont rapportés avenue Marius Renard par des dames qui promènent les chiens au parc des Étangs. Des faits semblables sont rapportés dans le parc Scherdemael. Des signalements proviennent aussi du domaine de la Pede où abondent les espaces verts.

La masse de témoignages permet une description précise du suspect. Nous ignorons comment mais une dame l’ayant observé à quelques mètres d’elle, a pu affirmer que l’individu a exhibé un engin long de 29 cm.

Son témoignage est recoupé par celui d’une autre dame qui déclare que l’exhibitionniste portait une jupe et des souliers à talons hauts. Elle ajoute qu’elle a distingué l’extrême bout de l’anatomie du gaillard dépassant du bord inférieur de la jupe.

Il est grand, mince, jeune, entre 20 et 25 ans, sans lunettes. On le voit le matin, déjà à 8 h quand les dames sortent les toutous, mais aussi l’après-midi. La pluie, le froid ? La météo l’indiffère. La vue des passants ne l’effraie pas. "Les policiers disent qu’un exhibitionniste n’agresse pas", nous dit cette habitante de l’avenue Marius Renard.

Docteur en psychologie et expert en analyse du comportement criminel, Danièle Zucker réfute cette vision de l’exhibitionnisme. " C’est vrai que les histoires d’exhibitionnistes prêtent souvent à sourire. La plupart d’entre nous pensent qu’il s’agit de personnes inoffensives en proie à des pulsions qui font plus rire que pleurer. La réalité ne correspond en rien à ces croyances populaires. L’exhibitionnisme est bien plus complexe. Il fait partie de ce qu’on appelle les paraphilies, qui recouvrent des pratiques sexuelles qui diffèrent des actes traditionnellement considérés comme normaux comme le fétichisme, le sadomasochisme (si c’est entre partenaires consentants, il n’y a pas de soucis), le frotteurisme (le fait de se frotter contre quelqu’un), la coprophilie (plaisir sexuel lié aux excréments) mais aussi des comportements comme le voyeurisme, le viol, la pédophilie etc. On en dénombre plus ou moins 500."

"Deux choses à savoir sur l’exhibitionnisme : les études montrent que 40 % des exhibitionnistes sont des abuseurs sexuels d’enfants et 14 % ont déjà commis des viols. 93 % des sujets exhibitionnistes présentent plus d’une paraphilie et 73 % en présentent plus de 3. Lorsqu’un exhibitionniste est appréhendé, il est en principe dans une phase où il donne la préférence à cette activité. Mais il peut à d’autres moments donner la priorité à des activités de viol, de pédophilie ou de voyeurisme, selon ses humeurs, ses choix, le contexte, la facilité pour obtenir des victimes, etc. Aujourd’hui, ces comportements sexuels ne sont pas pris au sérieux même d’un point de vue judiciaire. Et c’est une grave erreur. Il est essentiel pour lutter contre la criminalité sexuelle de prendre en compte tout le potentiel de dangerosité lié à l’exhibitionnisme."