Faits divers

Selon nos informations, l’Association pour la mémoire de la Shoah (AMS) posera ce week-end un nouveau pavé de mémoire en Belgique. Directeur de communication de l’AMS, Michel Lussan pouvait nous confirmer hier que ce pavé sera posé "dans la seule ville de Belgique qui ne les accepte pas".

Si le nom n’est pas cité, chacun a compris que ce pavé de couleur cuivrée qui rendra hommage à une famille raflée en 1942, sera posé à Anvers sans autorisation de la Ville. Ce pavé sera le troisième non autorisé à Anvers, dont le bourgmestre est Bart De Wever. Et jusqu’à présent, la Ville respecte les deux premiers et "n’y touche pas, ne les retire pas".

Une pétition adressée à Bart De Wever (N-VA) fait valoir qu’Anvers et Munich sont les deux seules villes d’Europe à s’opposer à la pose de ces pavés, alors qu’Anvers est l’unique ville où des policiers ont orchestré des rafles, comme ce fut le cas pour cette famille qui fut déportée vers Auschwitz.

Pour l’Association pour la mémoire de la Shoah, la démarche ne pouvait plus attendre. Elle répond au dernier vœu d’une jeune fille qui avait 16 ans quand sa mère fut raflée à Anvers, et elle en a maintenant plus de 90. Elle a exprimé à plusieurs reprises officiellement ce vœu de voir un pavé au nom des siens scellé dans le trottoir, à l’endroit où tout cela s’est passé.

Pas de réponse des autorités communales

Bart De Wever et les autorités d’Anvers n’ont donné suite à aucun de ses courriers. Ils n’ont même pas répondu. On en déduit que le bourgmestre d’Anvers ne dit certainement pas oui mais qu’il ne dit pas non plus explicitement non.

Trop âgée pour encore attendre, cette dame viendra spécialement d’Israël ce week-end pour voir de ses yeux ce dernier vœu se réaliser là où elle le demande.

Ajoutons que l’AMS n’intervient pas uniquement pour les victimes juives du nazisme.

Des non-juifs demandent aussi la pose de pavés de mémoire à Anvers et attendent une réponse favorable depuis des années.

Et donc ce week-end, un proche de Jan De Ridder sera également présent à la cérémonie non autorisée.

Jan De Ridder qui fut raflé à Deurne, appartenait au réseau résistant Fidelio Witte Brigade qui s’était créé à la police de Deurne, dont 35 des 43 membres qui furent déportés, disparurent dans les camps.