Un ouvrier communal victime d’actes “pervers et humiliants”

Gilbert Dupont Publié le - Mis à jour le

Faits divers

L’auditorat du travail enquête sur le Service transports de la commune d’Uccle. Son chef technique est suspendu

UCCLE Selon nos infos , l’auditorat du travail de Bruxelles a ouvert une enquête à la commune d’Uccle, sur des faits de harcèlement avec traitements inhumains et dégradants, dont un ouvrier communal aurait été victime pendant plusieurs mois, sur son lieu de travail, de la part de plusieurs collègues, dont le chef technique du service transport de la commune.

L’auditeur du travail de Bruxelles, M. Henri Funck, confirme, hier midi.

Selon des témoignages, l’ouvrier victime était notamment attaché à l’aide de colsons au pneu d’un camion ou encore enfermé dans un box de garage dans le noir total. Un témoin parle d’“attitudes perverses et humiliantes” . Et un échevin confirme “beaucoup de faits […] d’une très grande gravité”.

Le chef du service transport de la commune est, selon l’enquête, impliqué personnellement dans la plupart des faits qui se produisaient dans le garage communal de la rue Auguste Danse.

L’ouvrier victime était attaché à l’aide de colsons sur une chaise de bureau et poussé dans la cour. Il aurait aussi été frappé, pincé et bousculé sans raison.

Il subissait des moqueries et recevait des coups de canne et de latte, d’antenne de voiture, de batte de base-ball et de fer de club de golf.

Devenu une sorte de jouet pour les collègues, l’ouvrier était ligoté à sa mobylette. Cela aurait duré depuis l’an passé. On l’enfermait dans le kot à vélos. Il était attaché à un transpalette et soulevé dans les airs. Une autre scène est décrite : l’ouvrier était lié sur une chaise à l’aide de colsons et déposé comme un paquet sur un élévateur. Un mécanicien du garage prenait les manettes et s’amusait.

Ce service communal comprend une vingtaine de chauffeurs et mécaniciens.

L’ouvrier victime ne s’était jamais plaint.

Les faits ont été dénoncés par quatre collègues.

Au moins deux font état de “persécution” .

Un témoin affirme l’avoir vu allongé, lié sous la roue d’un camion.

Le chef du service transport est en aveux sur la matérialité des faits. Il cherche toutefois à les minimiser car selon lui, c’est à mettre dans un contexte de “taquineries pas bien méchantes qui n’ont eu aucune conséquence physique ou psychologique” .

Une batte de base-ball en caoutchouc a été trouvée dans son bureau ainsi qu’un club de golf dans celui de son adjoint.

L’ouvrier victime du harcèlement reconnaît maintenant que ce qu’il subissait depuis des mois dans les garages communaux de la rue Danse dépassait le seuil du tolérable.

Nous savons que le bourgmestre d’Uccle, Armand De Decker, a été informé. “Je pense qu’il s’est passé dans ce garage des choses d’une très grande gravité. En tant que premier responsable de cette commune, je ne suis pas fier de ce qui s’est passé dans notre administration communale.”

La commune d’Uccle a immédiatement réagi. Dès que connus, c’est elle qui a dénoncé les faits au parquet.

Un collègue de l’ouvrier victime ajoute : “J’ai remarqué à diverses reprises qu’il était un jouet parmi ses collègues. C’est quelqu’un de très introverti. Voici différents sévices : attaché sur une chaise de bureau par du colson et poussé vers le milieu de la cour ; être pincé, poussé, bousculé sans raison. Je l’ai vu allongé et bloqué par sa ceinture, aux colsons, sous la roue d’un camion”.

Enfin, les deux responsables mis en cause, le chef du service transport et son adjoint, ont été suspendus, pour la durée de quatre mois.



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