Faits divers Accusé de sexe, d’argent et de satanisme, Alain Bosenge, de l’Église Le Feu de l’Eternel à Anderlecht, a déposé plainte à la police

Le pasteur Alain Bosenge, de l’Église baptiste évangélique Le feu de l’Eternel à Anderlecht, a porté plainte à la police de Bruxelles pour coups et blessures volontaires, vol avec violence, séquestration, menaces, extorsion et diffamation.

Son avocate, Me Laura Severin, confirme qu’elle se constituera en outre partie civile chez le juge d’instruction de Bruxelles.

Accusé de soutirer de l’argent, de proposer du sexe et de pratiquer le satanisme, le pasteur, figure connue dans la diaspora, fait actuellement face, dans les réseaux sociaux, "à une campagne de dénigrement" basée selon lui sur "des accusations mensongères".

Dans la nuit de samedi à dimanche, l’homme d’église a été attiré à Laeken dans un appartement où "quinze à vingt individus" qui l’attendaient l’ont insulté, molesté et brutalisé.

Les faits ont été filmés . La vidéo montre l’ecclésiastique en train de se faire gifler. Elle est postée sur YouTube et fait le buzz dans la communauté congolaise de Belgique. "Certains avaient des couteaux. On m’a traité de voleur, d’escroc, de pasteur satanique, de sorcier et de faux prêtre."

Une Congolaise de Bruxelles serait à l’origine de la polémique. Une certaine Nathalie accuse le pasteur de lui avoir demandé de l’argent en échange de ses prières et de lui avoir fait des propositions sexuelles. Elle demandait au révérend Bosenge de purifier sa maison. Le pasteur aurait exigé 2.500 euros et 500 euros supplémentaires pour des prières pour les enfants. Il aurait eu des paroles équivoques, lui proposant d’aller prier à deux dans la chambre à coucher, insistant pour qu’elle soit en string et robe de nuit. Bosenge est encore accusé d’encourager des fidèles à verser le dixième de leur salaire.

"C’est faux", rétorque Alain Bosenge rencontré hier en présence de Me Laura Severin. "Les Evangiles parlent de la dîme et l’on déforme mes propos".

La vidéo divise la communauté belgo-congolaise. "Je suis victime d’un coup monté. Cette femme m’a attiré chez elle sans savoir que 15 à 20 personnes m’attendaient avec une équipe pour filmer. Ils m’ont passé à tabac puis m’ont obligé à les accompagner à un distributeur. C’était du chantage. Si je ne payais pas 1.000 euros, ils allaient poster la vidéo sur les réseaux sociaux. Je n’ai finalement pu retirer que 20 euros. Ils m’ont alors laissé 48 heures pour réunir le reste. Et si j’osais aller me plaindre à la police, ils s’en prendraient à l’Église et à ma femme et nos enfants".

Nathalie, l’accusatrice, multiplie les interviews sur les chaînes Internet congolaises. C’est devenu l’affaire dont on parle : "Des prêtres sataniques parmi nous ?"

Une vidéo montre Nathalie interrogée par une certaine Anelka. Cette dernière, contactée par nos soins, tient à nous préciser qu’elle n’est pas garante de la véracité des accusations portées contre le pasteur : "Mon rôle se limite à interviewer Nathalie".

Quant à Nathalie, que nous avons cherché aussi à atteindre, elle n’a pas répondu à nos demandes.

Pasteur depuis dix ans, Alain Bosenge ne s’était jamais attiré de telles accusations, qu’il nie avec la dernière énergie.

Gilbert Dupont