Faits divers Le parquet de Bruxelles suspecte Nicolas Jussy d’avoir octroyé un million d’euros de crédits au graphiste Nicolas Borenstein pour que ce dernier finance sa passion...

Le vice-champion de Belgique en BRCC Sprint (Belgian Car Championship) Nicolas Jussy a été interpellé le 15 juillet dernier et mis à disposition du parquet de Bruxelles dans le cadre d’une enquête pour corruption et escroquerie.

Le trentenaire est suspecté d’avoir accordé indûment de multiples crédits en échange du sponsoring de ses saisons de course automobile du temps où il était manager chez ING (mars 2006 à janvier 2013).

C’est la suspicion d’une faillite frauduleuse qui a permis à la section financière du parquet de Bruxelles de découvrir le pot aux roses : celle de B-SHIRT, l’une des sociétés du graphiste Nicolas Borenstein qui produit des vêtements estampillés notamment United States of Belgium. Le quadragénaire aurait sponsorisé le pilote à hauteur de 45.000 euros et aurait ainsi obtenu, en l’espace de six mois, environ un million d’euros de crédits pour au moins sept de ses sociétés. Depuis, il n’aurait toujours pas remboursé le moindre cent à sa banque.

"Suite à la faillite de la société anonyme B-SHIRT, la section financière du parquet de Bruxelles a procédé à des investigations approfondies. Une information judiciaire du chef d’infractions liées à l’état de faillite a été ouverte à charge de l’administrateur Borenstein Nicolas", confirme la porte-parole du parquet de Bruxelles Marie-Rose Broucker.

Résultat ? "Il a été découvert que ce dernier a contracté des crédits pour un montant de 1.000.000 d’euros pour ses sociétés. Le manager d’ING en charge de l’octroi des crédits, Jussy Nicolas, a ensuite été arrêté par la Recherche locale police de Bruxelles-Capitale/Ixelles et mis à disposition de notre office. Les enquêteurs ont en effet constaté que le pilote automobile aurait financé son activité sportive via, notamment, un sponsoring accordé par Nicolas Borenstein. Le parquet a donc étendu son enquête à l’infraction de corruption privée."

"Ce n’est pas du tout comme ça que cela s’est passé", réagit Nicolas Borenstein. "Une faillite frauduleuse, c’est quand on a détourné de l’argent et je peux vous assurer - venez chez moi à la maison, vous allez voir - que je ne suis pas millionnaire. Je n’ai même plus de bagnole. Tout l’argent est parti à rembourser nos usines au Portugal, nos fournisseurs, nos dettes […] Que les choses soient claires : il n’y a pas un euro qui est parti dans la nature."

Et le graphiste d’enfoncer le clou : "Vous voulez un scoop ? ING n’a même jamais cherché à récupérer cet argent ! Pourquoi ? Parce qu’ils sont complètement en faute, parce qu’ils n’auraient jamais dû octroyer ces crédits ! […] ING, c’est des bandits. C’est les pires bandits. C’est connu ! Pour moi, le nœud de cette histoire, c’est ING qui a voulu augmenter son chiffre d’affaires. C’est eux les fautifs à 100 % […] Je ne sais pas dans quelle mesure l’État peut sanctionner une banque mais j’espère que cela sera fait parce que c’est eux qui ont fait n’importe quoi."

Rappelons néanmoins que si le parquet de Bruxelles parvient à prouver qu’il y a corruption et escroquerie dans le chef de Nicolas Borenstein, la faillite de sa société B-SHIRT sera de facto considérée comme frauduleuse !

Également contacté par nos soins, Nicolas Jussy n’a pas souhaité s’exprimer à ce propos. "Mon avocat estime qu’il est plus judicieux de garder le silence par rapport à cette affaire, étant donné que l’enquête est toujours en cours", nous a-t-il fait savoir par courriel.

Renseignements pris auprès de la banque ING… "C’est une affaire qui se passe entre Nicolas Jussy et ING. On ne rentrera pas dans les détails", commente sa porte-parole Vanessa Zwaelens.