Faits divers Les policiers savent qu’ils sont une des cibles des terroristes et ne se sentent pas soutenus.

Alors que leur devoir de réserve les empêche de s’exprimer librement dans la presse, certains d’entre eux ont décidé de briser le silence. "Même si nous avons des entraînements toutes les semaines, nous ne sommes jamais préparés à un tel drame , explique un policier qui appartient à une unité qui a participé au dénouement de l’attaque de Liège. "Nous sommes plus méfiants qu’avant. C’est devenu un réflexe. J’observe en permanence."

Le policier est en rage concernant la politique de libération. "Les libérés ne sont pas surveillés, faute de moyens. Ils commettent des méfaits et sont relâchés. Il y a plus de radicalisés en rue que ce que l’on ne dit."

Les policiers se sentent mal aimés. "Nous avons le sentiment de ne pas être suivis ni soutenus. Les gens pensent qu’ils n’ont que des droits. Pourtant les devoirs sont l’assurance d’une vie harmonieuse en démocratie."

Il a l’impression que les policiers ont une image de fascistes.

"Je suis anti-immigration sauvage, mais je ne comprends pas que l’on remballe des familles entières qui essayent de s’intégrer. Par contre, je trouve normal que l’on n’accepte pas des personnes qui commettent d’innombrables délits."

L’homme n’est pas très optimiste. "Nous sommes partis pour des années noires, prédit notre interlocuteur . On doit faire comprendre aux musulmans qu’être croyant, ce n’est pas tuer les autres, se radicaliser. Des personnes viennent avec des grosses voitures dans les cités pour montrer qu’ils ont de l’influence. Ils connaissent tous les leviers pour faire basculer les jeunes dans l’extrémisme, notamment en les victimisant. Ils savent comment donner l’impression à ces personnes insignifiantes qu’elles vont avoir du pouvoir. De grands pays utilisent ces personnes pour avoir de l’influence. Nos gouvernements ont fermé les yeux pour avoir de bons contrats avec l’Arabie saoudite. Ça les arrangeait que des gens se radicalisent pour aller combattre les régimes à leur place. Les attentats arrangent aussi les gouvernements pour légitimer les prochaines guerres. Au final, ce sont les civils qui prennent, là-bas comme ici." Ce policier a tenu à féliciter ses collègues : "Ils ont fait du bon travail."