Faits divers Le professeur Kenny De Meirleir est jugé demain pour une importation frauduleuse présumée du médicament Nexavir.

L’audience s’annonce aussi mystérieuse que la maladie dont le prévenu est l’un des spécialistes mondiaux, le syndrome de fatigue chronique (SFC).

Professeur à la VUB, le docteur Kenny De Meirleir comparaît en compagnie de sa femme, ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, en chambre néerlandophone. Il est soupçonné par le parquet d’une violation dans l’importation d’un médicament depuis les États-Unis, le Nexavir.

Cette molécule, produite à partir de foie de porc, a des propriétés anti-inflammatoires et antivirales. Elle est au centre d’une controverse internationale sur ses capacités à traiter le syndrome de fatigue chronique, ou encéphalomyélite myalgique.

Cette maladie neurologique développe des symptômes de fatigue persistante, qui ne résiste pas au repos. Ses conséquences sur la vie au quotidien sont terribles : elles interdisent souvent toute activité professionnelle.

De nombreux spécialistes se sont penchés sur ce syndrome depuis son identification, dans les années 1980 et, pour l’heure, même ses causes restent mystérieuses.

Le Pr De Meirleir est un des spécialistes mondiaux de la maladie. Certains traversent des océans pour le consulter dans sa clinique privée, nommée Himmunitas, et basée à Neder-over-Heembeek. Il s’est fait une spécialité de traiter ses patients avec du Nexavir.

Le problème dans cette affaire est que le SFC est un syndrome mal connu et dont les différents traitements sont controversés. Parmi ceux-ci, la méthode du Dr De Meirleir ne fait pas exception. Le traitement est extrêmement coûteux (500 dollars américains par mois, selon des sites spécialisés, soit environ 430 euros) et peut durer pendant des années.

Selon une information du site flamand Apache.be, Kenny De Meirleir est soupçonné d’avoir directement ou indirectement gagné de l’argent sur des tests et médicaments qu’il prescrit lui-même à ses patients.

L’enquête avait débuté à la suite d’une notification de l’Agence fédérale des médicaments et produits de santé.

Une instruction judiciaire a été ouverte et la chambre du conseil de Bruxelles a décidé de renvoyer l’affaire au pénal.

Dans un communiqué rédigé au moment du renvoi des époux De Meirleir, l’avocat du couple a précisé que tous deux nient les faits ainsi qu’avoir tiré des bénéfices illégaux via la vente de médicaments et compléments alimentaires. Ils espèrent bien obtenir l’acquittement.

Tous deux devraient être présents à leur procès qui débute ce jeudi et devrait prendre la matinée.