Faits divers Accident de voiture en juillet 2012, procès en avril 2017.

Un automobiliste a été victime, le 29 juillet 2012, à Etterbeek, d’un accident impliquant un conducteur qui a brûlé sa priorité et a pris la fuite. L’automobiliste responsable a été condamné fin 2014. Délai normal. Encore que dix-huit mois de temps d’attente correspond mieux à celui d’un procès d’assises. L’automobiliste condamné a fait appel. C’est son droit. Ce faisant, on bloquait l’indemnisation de la victime accidentée, de ses blessures et des dommages occasionnés à sa voiture. L’info: la justice a oublié pendant deux ans de fixer l’affaire en appel.

L’avocat du plaignant avait beau adresser des rappels au parquet. Celui-ci répondait: "Malheureusement, j’ai le regret de vous faire savoir que le parquet n’est pas responsable de la politique de fixation du tribunal correctionnel." Et l’accident date de 2012. Bref, lundi passé (20 mars 2017), l’automobiliste victime a contacté La Dernière Heure. Est-ce ce qui a débloqué la situation? Le lendemain mardi, le parquet nous a répondu que l’affaire était fixée et que le responsable présumé de l’accident de 2012 sera jugé en appel le 19 avril (2017).

Pour l’avocat de la victime, "la démarche d’un journaliste a tout simplement plus d’effet en 24 heures que celles d’un avocat en deux ans". Quelle galère pour l’automobiliste qui a dû attendre. Dans son malheur pourtant, celui-ci a eu la chance: la voiture qui avait percuté la sienne a été retrouvée - c’est loin d’être la règle - et son propriétaire interpellé. C’est aussi son droit: ce dernier a nié. Il ne conduisait pas. Sa voiture avait selon lui été volée. Sauf que les experts n’ont constaté aucune trace de vol (serrure, contact et blocage du volant intacts) et que les clés de contact prétendument volées furent retrouvées... chez lui. Il s’agit somme toute d’un dossier banal, comme il y en a des mille et des cents. Et pourtant.

Le procès a débuté le 27 mai 2013. Il fut remis ce jour-là au 23 septembre. Puis au 2 décembre 2013, au 27 janvier 2014, au 17 février, puis au 22 septembre, après les vacances judiciaires. Le 22, nouvelle remise, la sixième, cette fois au 17 novembre, pour les plaidoiries. Et finalement: au 15 décembre 2014! Jugé pour coups et blessures involontaires, refus de priorité et délit de fuite, le chauffard était condamné à 2.880 euros d’amende, à 27 mois de déchéance et à indemniser la victime. Le 30 décembre, il interjetait appel. Et l’automobiliste plaignant attendit. Attendit deux ans et trois mois. La malédiction du dossier 12K102031. Bref, la situation s’est débloquée, par magie, mardi. Et le procès en appel d’un accident de 2012 commencera en avril 17, rien que cinq ans après l’accident.