Faits divers

La Russie a été condamnée pour traitements inhumains par la Cour européenne des droits de l'Homme pour avoir infligé à un jeune appelé une punition de 350 flexions, qui lui a laissé une invalidité permanente


GENEVE Pendant son service militaire en 2001 à Astrakhan, près de la mer Caspienne, Evgueni Tchember fut obligé par un sergent d'effectuer 350 flexions pour le punir de ne pas avoir nettoyé correctement les baraquements.

Il s'effondra pendant l'exercice et dut être emmené à l'hôpital où les médecins diagnostiquèrent une lésion à la colonne vertébrale. Ne pouvant plus marcher correctement, il fut libéré de ses obligations militaires, mais toutes ses demandes de dédommagement ou de pension militaire furent refusées, malgré un diagnostic d'invalidité permanente.

Pour la Cour européenne, la punition a été "délibérément infligée au requérant pour provoquer chez lui d'intenses souffrances physiques", ce qui constitue une violation de l'artice 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme qui interdit les traitements inhumains.

Les supérieurs du soldat, âgé à l'époque de 19 ans, connaissaient ses problèmes de santé et "l'ont contraint à faire précisément le type d'exercice qui provoquait le plus de tensions dans ses genoux et sa colonne vertébrale", s'indigne la Cour dans son arrêt. "Même si des exercices physiques difficiles sont indissociables de la discipline militaire, ceux-ci ne doivent pas mettre en danger la santé et le bien-être des appelés, ni porter atteinte à leur dignité", souligne la Cour.

Les juges européens, qui condamnent aussi Moscou pour l'insuffisance de l'enquête et l'impunité accordée aux responsables, a alloué 10.000 euros pour tort moral au requérant.

© La Dernière Heure 2008