Faits divers L’observatoire des sectes est de plus en plus sollicité à ce sujet.

Nouvelle tendance remarquée au C.I.A.O.S.N. (Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles) : les chercheurs du centre sont de plus en plus souvent sollicités pour des questions liées aux théories du complot. "On assiste à une véritable rupture de confiance", confirme Sandrine Mathen, psychologue au centre. Pour certains, il est de plus en plus difficile de faire la part des choses entre la réalité et les délires complotistes relayés de plus en plus abondamment sur les réseaux sociaux. "Les adeptes de la théorie du complot croient volontiers que le cours de l’Histoire et le fonctionnement des sociétés s’expliquent par la réalisation d’un projet concerté secrètement par un petit groupe d’hommes puissants et sans scrupules, une super élite internationale en vue de conquérir un ou plusieurs pays, de dominer ou d’exploiter tel ou tel peuple, d’asservir ou d’exterminer les représentants d’une civilisation", explique Pierre-André Taguieff, politologue et directeur de recherche au CNRS.

Tous les sujets d’actualité peuvent inspirer les conspirationnistes : le climat, les attentats du 11 septembre, l’affaire Dutroux, l’élection d’Obama. Mais ce sont surtout les complots liés à la santé qui préoccupent le C.I.A.O.S.N. On peut par exemple penser à une des théories qui circulent au sujet des vaccins : selon des conspirationnistes, les injections serviraient à insérer une puce électronique permettant de contrôler les pensées de celui qui la porte.

Malheureusement, de plus en plus de groupes sectaires actifs dans le domaine de la santé surfent sur cette crise de confiance envers la médecine traditionnelle pour faire de nouvelles victimes. Ceux que le C.I.A.O.S.N. qualifie de dérapeutes ont déjà causé indirectement la mort de plusieurs personnes en Belgique et ailleurs.