Faits divers

Une femme originaire de Wallonie qui avait été condamnée à quatre ans de prison pour incitation au terrorisme, a demandé lundi un réexamen de son jugement. 

Dans l'attente d'un nouveau procès, le tribunal correctionnel de Bruges souhaitait la libérer sous conditions, mais le parquet fédéral a interjeté appel de cette décision. Cette démarche de la défense fait suite à un arrêt de la cour constitutionnelle du 15 mars dernier annulant certaines dispositions légales en matière de terrorisme. Molly B., 25 ans, était active sur des chats internet sur lesquels elle prêchait le djihad. Dans ses conversations, elle affichait clairement son soutien au groupe terroriste Etat Islamique (EI). En outre, la jeune femme a eu des contacts avec une femme impliquée dans la tentative d'attentat manquée à la cathédrale Notre-Dame de Paris en septembre 2016. Elle a également conseillé des candidats au djihad sur la route à suivre pour rejoindre la zone de combats irako-syrienne.

Le ministère public a poursuivi Molly B. pour participation à un groupe terroriste. Sur demande de la défense, les faits avaient été requalifiés d'incitation à commettre des actes terroristes. Le 19 février, le tribunal condamnait la jeune femme à quatre ans de prison, dont la moitié avec sursis sous conditions.

Depuis l'été 2016, une disposition contenue dans la troisième loi de lutte contre le terrorisme du gouvernement Michel, permettait de simplifier l'administration de la preuve. Cette partie de la loi a été annulée par la Cour constitutionnelle le 15 mars dernier. La Cour a estimé que la disposition limitait la liberté d'expression de manière disproportionnée.

A la suite de cet arrêt, la défense a réclamé le retrait de la condamnation de Molly B.. Si le tribunal suit cette position, la prévenue devra comparaître de nouveau. Selon le parquet fédéral, l'arrêt de la cour constitutionnelle ne devrait toutefois avoir aucun impact sur ce jugement.

En attendant la tenue éventuelle d'un nouveau procès, la défense a réclamé la libération de Molly B. sous conditions. En raison de l'appel du ministère public, la condamnée, arrêtée le 9 mars 2017, est donc toujours en prison.