Faits divers Dans la maison de repos, la dame de 83 ans était tombée et s’était tuée.

Une infirmière de 40 ans vient d’être condamnée à Tongres pour avoir oublié une patiente âgée à la toilette, sur la cuve d’un WC d’où elle est tombée. Atteinte de démence sénile, la dame de 83 ans se trouvait dans un état nécessitant des soins et une attention continue. L’octogénaire est tombée vers l’avant et serait morte étouffée. On ne l’a retrouvée que quatre heures plus tard.

Jugée pour défaut de prévoyance, l’infirmière a obtenu la suspension du prononé : le tribunal l’a déclarée coupable mais n’a pas prononcé de peine. "Un jugement très humain", estime son avocat.

"Aucune peine ? Un peu facile, non ?", répond le petit-fils.

Les faits eurent lieu à Genk, le 28 juin 2014, dans une maison de repos et de soins tout à fait respectable. Après le souper, l’infirmière devait assurer avec deux aides-soignantes la mise au lit de trente pensionnaires. Il s’agit d’un établissement accessible aux personnes invalides et souffrant de démence, de Parkinson et de la maladie d’Alzheimer. Le travail ne se limite pas à mettre au lit. Ainsi, Mme Dilber Gumussu devait être conduite à la toilette ce qui, dans son état, nécessitait l’emploi d’un lève-personne.

On explique le drame par la charge de travail et un concours de circonstances. L’avocat de l’infirmière a comparé l’oubli de sa cliente à la distraction de ces parents qui en pleine canicule, oublient leur enfant dans une voiture surchauffée.

Quant au concours de circonstance : la victime n’a pas crié ni n’a sonné sur le bouton d’appel qui se trouvait près du WC à portée de main.

L’infirmière a exprimé des regrets évidents. "Si je suis devenue infirmière, c’est pour aider les gens." La maison de repos ne l’a pas licenciée. L’employée a gardé sa place et ne la quittera pas. Son directeur a estimé que "le tribunal avait prononcé une peine humaine pour sanctionner une faute humaine".

Le ministère public demandait une peine d’emprisonnement d’un an avec sursis. Les juges ne l’ont pas voulu.

Sur l’aspect financier, le tribunal accorde 26.765 euros d’indemnisation à la famille de la victime. L’infirmière ne les payera pas de sa poche. Le montant sera versé par l’assureur en accident de travail.

Le petit-fils de la victime hésitait à interjeter appel. "C’est un jugement qui déclare simplement l’infirmière coupable mais ne lui donne aucune peine. Or c’est quand même un accident mortel, non ?"