Faits divers

Une ressortissante marocaine, Kaoutar Fal, est détenue dans le centre fermé 127 bis à Steenokkerzeel (Brabant flamand), dans l'attente de son expulsion. Son visa lui a été retiré car elle est accusée d'espionnage pour le compte du Maroc, écrit-elle dans une lettre obtenue par l'agence Belga. L'Office des étrangers indique que la Sûreté de l'Etat a demandé à ce qu'elle soit arrêtée parce qu'elle représente un risque pour la sécurité nationale. La femme se décrit comme une femme d'affaires et présidente de plusieurs organisations, dont une organisation de médias africains. Elle explique, dans sa lettre relayée par un rabbin d'Anvers Moshe Friedman, avoir été arrêtée une première fois le 29 mai, alors qu'elle venait d'atterrir à l'aéroport de Charleroi. Son visa lui avait été retiré car elle est accusée d'espionnage pour les services de renseignements marocains.

Elle a contesté ce retrait avec succès et a été libérée du centre de transit "Caricole" à Steenokkerzeel où elle était retenue. Elle s'est rendue à l'aéroport de Charleroi pour récupérer son passeport. Au lieu d'obtenir son précieux sésame, elle a de nouveau été interpellée, explique-t-elle, et a passé la nuit dans le centre fermé 127 bis.

Nouveau recours, nouvelle libération le 10 juillet. Le lendemain, rebelote: alors qu'elle se rendait à une réunion au Parlement européen, elle est une nouvelle fois interpellée et atterrit au 127 bis. Dans sa lettre, elle dit avoir été "kidnappée".

L'Office des étrangers confirme que la femme est retenue sur demande de la Sûreté de l'État. Étant donné que le retrait du visa de la Marocaine est basé sur une note confidentielle de la Sûreté de l'État, la décision a été difficile à motiver et a été rejetée à plusieurs reprises. "Elle est maintenant détenue sur base d'un autre article selon lequel elle se trouve illégalement sur le territoire et parce qu'elle représente une menace pour la sécurité nationale", explique un porte-parole. "Il est important pour nous de la renvoyer vers le Maroc le plus rapidement possible", a-t-il ajouté.

L'avocat de la femme, Julien Hardy, a déclaré jeudi à la VRT que la note de la Sûreté de l'État à la base de toutes les décisions était extrêmement superficielle et inexacte. Il a introduit un nouveau recours, tant auprès de la Chambre des mises en accusation que du Conseil du contentieux des étrangers (CCE). Me Hardy parle de privation illégale de liberté.