Faits divers

François Lumumba, au nom de la famille, dépose plainte contre dix Belges

BRUXELLES La famille de l’ancien premier ministre congolais Patrice Lumumba, exécuté au Katanga après de terribles sévices le 17 janvier 1961, a déposé plainte à Bruxelles contre dix Belges soupçonnés de complicité dans cet assassinat.

On se souvient que François Lumumba, le fils aîné du Premier ministre congolais, avait annoncé le dépôt de cette plainte, au mois de juin 2010, quelques jours avant la célébration du cinquantenaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo et du voyage du Roi Albert II dans l’ancienne colonie pour ces festivités.

“Il a fallu un an et demi de travail pour que nous aboutissions à cette plainte de 136 pages, explique Me Marchand, l’un des avocats de la famille Lumumba.

La plainte a été déposée aux noms de l’épouse et des enfants de Patrice Lumumba qui se sont constitués partie civile. Cette plainte parle, notamment, de crime de guerre, de torture, de traitement inhumain et dégradant, des faits qui ne peuvent être prescrits.

“Cinquante ans après les faits, nous voulons que les responsables qui sont encore en vie soient jugés et bénéficient d’un procès équitable” , poursuit François Lumumba.

Avocats et plaignants espèrent ainsi pouvoir faire sortir des alcôves où elles dorment aujourd’hui les archives secrètes, non seulement de la Belgique, mais aussi des Etats impliqués dans la crise congolaise de l’époque.

“Les archives de l’armée suédoise, très active à l’époque au Congo, doivent être très intéressantes. Il en va de même pour ce qui dort aux Renseignements généraux et à la Sûreté de l’Etat, chez nous” , poursuit l’avocat qui, dans la foulée, explique que lors de la commission parlementaire organisée chez nous en 2001 et qui devait tenter de faire la clarté sur le rôle de la Belgique dans la mort de Lumumba, seuls une quarantaine de documents ont été mis à la disposition des élus.

La commission d’enquête parlementaire était parvenue à la conclusion que la Belgique avait une responsabilité morale dans la mort de Lumumba et Guy Verhofstadt avait présenté ses excuses, au nom de la Belgique, à la famille du Premier ministre congolais.

Une responsabilité collective que refuse le “clan” Lumumba, qui veut que les responsables soient jugés personnellement.



© La Dernière Heure 2011