Faits divers

Un rapport du grand jury de Pennsylvanie publié mardi fait mention de 301 prêtres de six diocèses de l'Etat suspectés d'abus sexuels sur mineurs. Le décompte se base uniquement sur des documents internes à l'église catholique, gardés secrets.

Une enquête menée sur deux ans a mis en lumière des comportements répandus visant les enfants et une "couverture systématique" de ces faits par la hiérarchie de l'Eglise, assure le procureur général de la Pennsylvanie, Josh Shapiro.

"La dissimulation était sophistiquée", affirme-t-il, mais les "dirigeants de l'Eglise ont recensé les abus et leur dissimulation".

L'institution a en effet documenté les accusations dans tous les diocèses, la plupart depuis les années 80, mais certains remontent a plusieurs décennies auparavant. Pourtant l'Eglise a choisi de privilégier sa réputation à la sécurité des enfants, a déploré M. Shapiro.

Les évêques avaient la clé des archives secrètes, précise encore le procureur général. L'étendue de la dissimulation remonte même jusqu'au Vatican, déclare-t-il encore.

Le rapport qui divulgue la situation en Pennsylvanie est émis par un grand jury, une institution aux USA qui a le pouvoir d'entamer une procédure officielle sur des actes criminels potentiels.

Les diocèses aux Etats-Unis ont payé de milliards de dollars dans des poursuites judiciaires introduites par des victimes d'abus sexuels au cours des 20 dernières années, et d'autres scandales ont aussi éclaté en Amérique latine, dans des pays européens, et en Australie, où, pour la première fois un haut représentant de l'Eglise a récemment été condamné pour avoir dissimulé des faits de pédophilie.