Faits divers Roberto estime avoir touché "des cacahuètes" par rapport à son dommage.

Le 1er septembre 2014. Roberto a été victime d’une tentative de meurtre sur l’aire de la E19 à Hal, en Brabant flamand. Le dépanneur avait été appelé par un automobiliste ayant été victime d’une crevaison. Alors qu’il venait de remonter dans son camion, il a été touché au gros intestin et à la jambe par des balles perdues.

L’auteur des tirs est, en effet, toujours inconnu. Le dossier a été classé. Après les faits, les jours de la victime ont été considérés comme étant en danger. Si la balle logée dans le fessier du Castelbrainois avait pu être rapidement extirpée, l’autre ayant atteint les intestins a été à l’origine de plus de complications...

Aujourd’hui, l’ancien dépanneur se reconstruit. Il a ouvert une sandwicherie avec son épouse. Sa famille a eu à mener un combat qui n’est pas des moindres… Lui a perdu son boulot par la force des choses. Sa femme qui travaillait dans la même entreprise également. "Ce qui comptait pour moi après l’accident, c’était de me consacrer à lui et mes enfants", explique cette dernière "Je voulais donc me séparer de la maison. Je ne savais pas s’il allait survivre. Mais la banque nous a proposé de geler le prêt. Au final, nous avons quand même dû vendre la maison voilà six mois et cela nous a coûté bien plus cher que si nous l’avions fait directement."

La Belgique est l’un des rares pays où les victimes d’actes commis par des auteurs restés inconnus peuvent être indemnisées. Les démarches effectuées par Roberto et sa femme en ce sens viennent, enfin, d’aboutir. Le couple va toucher 25.000 euros. " C e sont des cacahuètes par rapport à tout ce que nous avons vécu. Il ne faut pas oublier que nous avons perdu notre job et notre maison. En outre, nous sommes victimes et nous devons payer un avocat." Et leur défenseur, Me Frank Discepoli, d’enchaîner : "Je peux comprendre que cela puisse leur paraître dérisoire par rapport à ce qu’ils ont subi", souligne-t-il.

"Il faut savoir que le fonds fonctionne avec des plafonds. Le maximum que l’on peut toucher s’élève à un peu plus de 62.000 euros. Les personnes analysant les dossiers se basent sur des barèmes et non sur les dommages effectifs. Elles trouvent donc, par exemple, normal de donner plus à une victime d’attentat se retrouvant tétraplégique. Mais il est évident que s’il avait été tenu compte du dommage réel subi par mon client, le montant aurait été plus important. Nous avions d’ailleurs demandé plus."