Faits divers

Deux mayeurs, 14 édiles, des fonctionnaires et des sociétés renvoyés en chambre du conseil

CHARLEROI C’est le condensé de longues années de pratiques problématiques, érigées en manière de gérer Charleroi au quotidien : le dossier Ville vient d’être bouclé par le parquet carolo qui demande le renvoi, par la chambre du conseil, de 62 personnes physiques et morales.

Parmi celles-ci, on retrouve l’essentiel de la majorité absolue socialiste, entre 1994 et 2006, dont les deux bourgmestres Jacques Van Gompel et Léon Casaert, quatorze échevins (Cariat, Van Bergen, Despi , Liesse, Demacq, etc.), plusieurs fonctionnaires et une série d’entrepreneurs qui avaient pour habitude, selon l’accusation, de graisser la patte de certains édiles afin de s’octroyer les grands chantiers carolos .

“Le dossier regroupe toutes les pratiques présumées problématiques qui ont eu cours à la ville de Charleroi”, explique le procureur Christian De Valkeneer. “On parle des faux P-V et des collèges de signature, des budgets falsifiés, des marchés publics saucissonnés pour éviter les appels d’offres ou encore des bons malins qui permettaient d’imputer des dépenses sur un budget alors qu’elles en concernaient un autre, sans passer par une délibération devant le conseil communal. Il était ainsi facile de prendre l’argent des écoles pour améliorer un stade de football, par exemple.”

L’irrespect des règles démocratiques, la concurrence déloyale menée par certains entrepreneurs corrupteurs ou encore l’enrichissement personnel de certains tisseront la toile de fond de ce procès-fleuve. “Nous avons choisi de laisser les différents volets groupés, afin de ne pas faire de saucissonnage judiciaire”, ironise le procureur. “Ce qui permettra aux magistrats qui l’étudieront d’avoir une vision globale de la problématique.”

Parmi les différents volets, on retrouvera ainsi l’épisode du commissariat de Marcinelle, qui concerne l’entrepreneur Michel Vandezande et l’ancienne chef de zone de la police locale, Francine Biot.

Le 2 mars prochain, les 62 inculpés devront se présenter devant la chambre du conseil de Charleroi qui, probablement, devra remettre l’affaire sine die, afin de satisfaire aux éventuels devoirs complémentaires sollicités par les intéressés.

Bref, il y a peu de chances que l’on entame les débats avant la fin de l’année. Selon les plus optimistes…



© La Dernière Heure 2011