Faits divers "Je lui ai demandé ce qu’il dirait si quelqu’un faisait la même chose à sa mère"

"Je veux vraiment qu’ils l’arrêtent. Alors je serai en paix. Je pense." Elle avait 82 ans, 83 aujourd’hui. Elle habite Saint-Trond. Elle a subi l’agression la plus épouvantable. Maria (nous modifions son prénom) a été violée.

C’est pour trouver l’auteur, toujours dans la nature, que la police fédérale a lancé lundi un avis de recherche. Qui est l’individu qui, le 9 février dernier, en début de soirée, a violé dans son appartement, à Saint-Trond, cette dame qui a accepté de témoigner. "Surtout, dit Maria , pour qu’il ne fasse pas d’autres victimes."

Le viol date de huit mois. En dépit du traumatisme, les souvenirs de Maria sont intacts, et précis comme au premier jour. "Je l’ai questionné pendant les faits. Je lui ai demandé ce qu’il dirait si quelqu’un faisait la même chose à sa femme. ‘ Et à ta mère, tu accepterais comment qu’on s’attaque à ta mère comme tu le fais avec moi ? ’"

"Il n’a rien répondu", soupire Maria. "Je l’ai supplié. J’ai supplié tous les saints. Il a réagi en mettant sa main sur ma bouche. Je ne pouvais même pas le mordre, je n’ai plus de dents."

Maria se trouvait au living, devant la télé. Il était 18 h 30. Cela ne s’invente pas, elle regardait Buurtpolitie, la série policière diffusée par VTM qui a beaucoup de succès en Flandre.

Elle était seule. Maria vit seule depuis des années, le départ des enfants. Le 9 février tombait un jeudi. On a sonné. "J’ai vu quelqu’un de grand, grand comme mes enfants. J’ai pensé que c’était l’un d’eux."

Maria se trompait. En fait, l’individu avait sonné en même temps à d’autres portes. Maria fut la première à ouvrir.

"Il m’a tout de suite repoussée à l’intérieur, jusque dans mon fauteuil. Il demandait à boire. J’ai pris mon GSM. Il me l’a pris des mains et l’a jeté sur la table. Il a commencé à me toucher et arracher mes vêtements. Puis son pantalon. Je me suis défendue autant que possible. J’ai voulu le repousser. Je n’avais pas la force."

Après le viol, l’auteur a voulu l’étouffer à l’aide d’un oreiller. Maria aurait perdu connaissance. Quand elle est revenue à elle, il avait filé, sans refermer la porte.

L’individu, un homme "robuste", est peut-être celui qui a été filmé deux fois près de chez elle, avant et après les faits. Ce sont ces deux photos de l’homme à la chemise à carreaux que la justice a décidé de diffuser. Qui est cet homme d’environ 1,80 m, au teint pâle et aux cheveux noirs bouclés ? Son signalement se trouve sur le site de la police fédérale.

Parler du viol dont on a été victime : il a fallu du courage à Maria. Sa belle-fille explique qu’elle lui a d’abord demandé conseil. "On était plutôt pour dans la famille. On l’a encouragée. C’est une femme courageuse. La vie ne l’a pas épargnée. Mais elle n’est pas du genre à se laisser faire. Même par un violeur."

Les jours suivants, l’octogénaire a dû affronter la peur. "On s’est demandés s’il n’allait pas falloir qu’elle déménage. On en a beaucoup parlé."

Mais Maria a refusé. "Pas question, ce salaud ne me fera pas peur. Je suis plus forte. Ce type ne m’aura pas."

Cela se passe certes à Saint-Trond et l’individu s’est exprimé en néerlandais. Mais la frontière linguistique n’est pas éloignée, Hannut est à 20 petits kilomètres. Des néerlandophones travaillent dans ce joli coin de la Hesbaye, et l’avis de la police fédérale est aussi diffusé en français. Vous pouvez réagir via le numéro gratuit 0800/30 300 ou via email : avisderecherche@police.belgium.eu

Gilbert Dupont