Violence et problèmes linguistiques à la prison de Tilburg

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Faits divers

La délégation du CPT a constaté que les détenus ne subissent pas de mauvais traitement

BRUXELLES La prison de Tilburg (Pays-Bas), où sont incarcérés des ressortissants belges en vertu d'une convention belgo-néerlandaise de 2009, "rencontre un problème sérieux de violence entre détenus", selon un rapport du Comité de prévention de la torture (CPT), une instance du Conseil de l'Europe. Des problèmes linguistiques sont également épinglés. Le CPT a effectué fin 2011 une visite dans cet établissement pénitentiaire. Le rapport de l'inspection n'a été publié que ce mardi, à la demande des gouvernements belge et néerlandais.

La délégation du CPT a constaté que les détenus ne subissent pas de mauvais traitement. "Au contraire, la grande majorité des détenus a souligné le professionnalisme et le respect dont le personnel pénitentiaire faisait preuve à leur égard".

La prison n'est pas pour autant exempte de reproches. "Les informations recueillies indiquent clairement que l'établissement rencontre un problème sérieux de violence entre détenus. Ce problème est notamment lié au taux élevé d'occupation dans les anciens dortoirs militaires à huit lits ainsi qu'au mélange de différentes catégories de condamnés dans ces cellules".

Le CPT recommande dès lors qu'une priorité soit accordée à la diminution graduelle du nombre de lits dans les dortoirs.

Le comité épingle aussi des problèmes de nature linguistique pour des détenus souvent francophones ou arabophones dans un environnement néerlandophone. Une brochure remise aux nouveaux détenus n'est ainsi disponible qu'en néerlandais. Le CPT "recommande que cette brochure mise à jour soit rapidement mise à disposition des détenus dans des langues habituellement en usage au sein de la population pénitentiaire à commencer par le français, l'anglais et l'arabe".
De même, les mesures disciplinaires, comme l'isolement, ne sont signifiées aux intéressés qu'en néerlandais, et ce par un membre du personnel néerlandais n'ayant que quelques notions du français. Le CPT appelle à remédier à cette situation, par exemple avec des interprètes joints au téléphone.

© La Dernière Heure 2012

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