Faits divers Juan V. K. affirme n’avoir voulu qu’aider ses quatre enfants à découvrir leur corps. 

Comme à chaque fois, en matière d’atteintes sexuelles sur mineurs d’âge, la décision de la justice est compliquée. Car elle repose principalement sur les témoignages des enfants. La semaine dernière, la cour d’appel de Bruxelles a tranché et condamné Juan V. K., un naturiste de 56 ans, à une peine de six ans de prison pour viols répétés sur l’une de ses filles et des attentats à la pudeur sur deux autres de ses enfants. Contacté, son avocat, Me Réginald de Béco, se dit "convaincu de l’innocence" de son client, dans un dossier qui est "loin d’être clair". Il avait plaidé l’acquittement pur et simple. Il a décidé de se pourvoir en cassation.

En janvier 2011, l’ex-épouse de Juan V. K. dépose plainte contre lui pour des violences présumées commises sur elle et leurs quatre enfants, durant leur vie commune, jusqu’en 2006. En février 2011, l’une des filles du couple dit à son médecin que son papa la caressait et lui touchait les parties génitales depuis qu’elle avait 5 ans. Et qu’à ses dix ans, il aurait éjaculé sur elle après s’être frotté. Depuis cette date, la jeune femme, aujourd’hui âgée de 20 ans et défendue par Me Anne Decortis, a refusé de revoir son père.

Les quatre enfants du couple ont été entendus par la police et témoignent, selon la cour d’appel, d’un "climat de terreur et de violences que le prévenu faisait régner à la maison". Il est question de coups, d’enfants jetés contre un mur, d’yeux au beurre noir, d’une fillette projetée dans le coffre d’une voiture. Mais aussi des enfants qui dormaient avec leur père complètement nu. Une des filles évoque aussi des scènes de masturbation. L’expert qui a assisté à l’audition des enfants conclue à la "cohérence" de celles-ci. Une nouvelle audition, réalisée un an plus tard, en 2012, offre de nouveaux détails scabreux.

Juan V. K., naturiste habituel, a expliqué s’être toujours promené nu devant ses enfants et prendre le bain avec eux. Il reconnaît être autoritaire, parfois violent, mais jamais ne les avoir touchés avec une intention sexuelle derrière la tête. Il a expliqué laisser ses enfants jouer avec son pénis dans le bain, sans dépasser "les limites du convenable". Pour lui, les enfants sont manipulés par leur mère. Pour sa défense, il insiste sur son succès au test du polygraphe (détecteur de mensonges). Le premier tribunal ne l’a pas cru et l’a condamné à une peine de six ans de prison. La cour d’appel a confirmé la condamnation. Elle a estimé que Juan V. K. avait "gravement porté atteinte à l’intégrité physique sexuelle" de trois de ses enfants et qu’il avait, "sous couvert d’une éducation autoritaire […], recouru à la violence pendant de nombreuses années." Sauf cassation, le quinquagénaire sera aussi privé de ses droits civiques pendant 10 ans et devra indemniser ses victimes.