Faits divers

Difficile d'établir les responsabilités

N'DJAMENA La nationalité et la filiation des 103 enfants qui devaient être exfiltrés le 25 octobre du Tchad vers la France, ont été au coeur du procès de L'Arche de Zoé.

L'Arche de Zoé rejette depuis le début de son procès à N'Djamena la responsabilité sur ses intermédiaires locaux, qu'elle accuse d'avoir présenté comme orphelins du Darfour les 103 enfants, mais elle peine à justifier les conditions de leur exfiltration avortée. Habilement, le président de L'Arche de Zoé, Eric Breteau, jugé notamment pour "tentative d'enlèvement d'enfants tendant à compromettre leur état civil" avec cinq Français de son association, s'est imposé, dès l'ouverture vendredi du procès devant la Cour criminelle de la capitale tchadienne, comme le meneur des débats.

À la barre comme dans le box, il intervient pour argumenter, réfuter, dédouaner les uns et charger les autres. Ainsi, il a mis hors de cause samedi les trois Tchadiens jugés pour "complicité" , mais s'en est vivement pris aux deux principaux intermédiaires qui ont "fourni" les enfants à l'association : le Soudanais Souleïmane Ibrahim Adam, inculpé des mêmes faits, et le Tchadien Mahamat Eritero, arrivé samedi à la barre comme simple témoin et reparti en fourgon cellulaire pour la prison.

Eric Breteau n'est pas encore parvenu à clarifier les conditions dans lesquelles il a tenté d'exfiltrer les 103 enfants vers la France, le 25 octobre, depuis Abéché (Est). L'objectif était, selon lui, de sauver, en deux ans, 1.000 orphelins du Darfour, en s'appuyant, insiste-t-il, sur la Convention de Genève de 1951 sur les victimes de guerre.

Le meneur de L'Arche de Zoé a garanti que l'opération n'était ni "clandestine" ni "secrète" , tout en avouant avoir fait "le choix de la confidentialité" vis-à-vis des autorités locales, de ses employés et intermédiaires, ainsi que des personnes qui lui ont confié les enfants.



© La Dernière Heure 2007