Monde

Des scènes de panique et de mort sur tout le territoire

GAZA Des détenus terrifiés trébuchant sur des tas de gravats au moment de quitter leur prison bombardée, des femmes courant dans les rues, leur enfant dans les bras, des étudiants poussant des hurlements ou des automobilistes paniqués tentant de s'enfuir au milieu de voitures se percutant les unes après les autres. Les raids aériens lancés samedi par Israël dans la Bande de Gaza ont donné lieu à des scènes de peur et d'horreur.

À travers tout le territoire palestinien, des familles éplorées ont dressé les traditionnelles tentes de deuil devant les maisons. Mais les chaises installées sous ces abris en toile goudronnée de couleur verte restaient largement vides, les habitants se terrant à l'intérieur par crainte de nouvelles frappes aériennes.

À l'hôpital Al-Chiba qui, comme d'autres, a été rapidement submergé par l'afflux de victimes, des blessés étaient assis dans les couloirs, repoussant les médecins en leur disant de s'occuper des cas les plus urgents. Dimanche, une prison a été bombardée dans la principale enceinte des services de sécurité du Hamas à Gaza. La frappe a libéré des dizaines de détenus, qui se sont rué hors de leur cellule.

Un homme est resté piégé sous les décombres, son visage recouvert d'une poussière blanche et de sang. "Attendez-moi ! Sortez-moi de là ", criait-il.

À la frontière entre la Bande de Gaza et l'Egypte où, en l'espace de quatre minutes, l'aviation israélienne a détruit 40 souterrains permettant aux Palestiniens de s'approvisionner clandestinement, des centaines de personnes ont tenté de franchir le mur séparant les deux territoires. Des gardes égyptiens ont ouvert le feu au-dessus de la foule, pour la disperser.

Mais des habitants ont alors vainement tenté d'enfoncer le mur au moyen d'un bulldozer, avant d'avoir recours à un engin explosif. Des dizaines d'habitants ont escaladé le mur avant d'être renvoyés vers le territoire.

"Mes enfants pleurent quand ils entendent les avions", confie Amal Hassan, une Palestinienne de 38 ans, mère de trois enfants. "Il se peut que la prochaine bombe tombe ici, il se peut que la prochaine personne tuée soit l'un d'entre nous."



© La Dernière Heure 2008