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La Russie n'est certainement pas le berceau des droits homosexuels, encore moins depuis l'adoption en juin dernier d'une loi punissant tout acte de propagande homosexuelle devant mineur . Une sénatrice russe avait d'ailleurs parlé de cette loi, peu avant le vote, en affirmant qu'elle permettrait "d'assurer la sécurité des enfants contre une propagande qui influence leur caractère de manière négative". Cette règle a soulevé la protestation dans certains pays du monde. Des athlètes appellent même au boycott des JO de Sotchi en 2014. 

La chambre haute russe avait également approuvé une loi interdisant cette fois l'adoption d'enfants russes par des couples homosexuels ou des célibataires dans les pays où les unions entre personnes de même sexe ont été légalisées.

Plus récemment, c'est le vice-président de la télévision publique russe qui faisait part ouvertement de son homophobie affirmant que "les mesures de dissuasion ne sont pas suffisantes pour préserver la jeunesse de la propagande homosexuelle". Dimitri Kisilev allait encore plus loin dans ses propos en suggérant que les gays soient "également bannis des dons de sang et de sperme et que leur cœur, en cas de décès, soit enterré et brûlé car il est impropre à la continuité de la vie".

Un nouvel incident vient encore une fois entaché la réputation russe. Anton Krasovsky a déclaré ouvertement à la télévision russe son homosexualité. Ce journaliste politique s'est alors retrouvé sans emploi. Il a tout simplement été mis au placard par son employeur. Dans une interview à la chaîne CNN, le rédacteur en chef de Kontr TV a expliqué sa démarche. "Quelqu'un devait le faire. Il est temps de le montrer, il est temps pour moi de le montrer", témoigne le journaliste.

Le soir même de son annonce en direct, l'homme était viré. Et pas de la plus belle des façons. "Par SMS", affirme l'intéressé. Quant à la séquence en question, elle a été retirée du site internet. Une action qui pourrait être, selon Anton Krasovsky, le résultat d'une décision du Kremlin. Mais il nuance: "Je ne suis pas sûr que ce régime soit fasciste".

La direction de Kontr TV n'a pas donné les raisons du licenciement. Tout porte à croire que le comportement du journaliste, et non pas son homosexualité, explique son éviction.