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Voici les principales déclarations d'Emmanuel Macron mardi soir à la Maison de l'Amérique latine, première intervention depuis l'éclatement de l'affaire Benalla, selon un enregistrement que s'est procuré l'AFP.

LES RAISONS DU SILENCE

"Beaucoup se disaient: pourquoi le président de la République ne parle pas. J'ai plutôt pris ce pli de choisir le moment où je parle et ne pas me le faire dicter. Et je continuerai à procéder de la sorte. Quand on est président de la République, on ne parle pas quand il y a une garde à vue (...) et quand les esprits s'embrasent (...) et pour être un des participants d'une mêlée"

"FADAISES"

"Alexandre Benalla n'a jamais détenu de codes nucléaires, Alexandre Benalla n'a jamais occupé à un 300 m² à l'Alma, Alexandre Benalla n'a jamais gagné 10.000 euros, Alexandre Benalla lui non plus n'a jamais été mon amant. Alexandre Benalla, bagagiste d'un jour, n'a jamais occupé cette fonction dans la durée. Toutes ces choses qu'on a entendues... Les mêmes vous disant tout et n'importe quoi sans que ça les fasse rougir ou s'interroger sur eux-mêmes. Qu'ils soient parlementaires, commentateurs ou journalistes... On dit des fadaises !"

"TRAHISON"


"Alexandre Benalla, c'est quelqu'un qui nous a accompagné durant la campagne avec beaucoup de courage et d'engagement. (...) Quoiqu'il advienne dans cette affaire, je n'ai pas à oublier cet engagement.

Ce qu'il s'est passé le 1er mai, (...) est grave, sérieux et a été pour moi une déception, une trahison."

"LE RESPONSABLE, C'EST MOI"

"Le seul responsable de cette affaire c'est moi, et moi seul. Celui qui a fait confiance à Alexandre Benalla, c'est moi, le président de la République. Celui qui a été au courant et a validé l'ordre, la sanction de mes subordonnées, c'est moi et personne d'autre. Ce qui nous a conduits là, ce n'est pas la République des fusibles, ce n'est pas la république de la haine, celle où l'on fait trinquer un fonctionnaire ici, un collaborateur là. On ne peut pas être chef par beau temps et se soustraire lorsque le temps est difficile. S'ils veulent un responsable, il est devant vous, qu'ils viennent le chercher."

MEDIAS, JUSTICE, PARLEMENT EPINGLES

"Ce que je regarde depuis quatre jours, c'est un spectacle où la tentation de presque tous les pouvoirs est de sortir de son lit. Nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité. (...) Je vois un pouvoir médiatique qui veut devenir un pouvoir judiciaire, qui a décidé qu'il n'y avait plus de présomption d'innocence dans la République et qu'il fallait fouler aux pieds un homme et avec lui toute la République."

"Je vois un pouvoir judiciaire qui va continuer à faire son travail et c'est essentiel. Mais je constate que nous avons un problème dans le fonctionnement quotidien. Pas une audition, pas une recherche ne sort à la seconde même dans la presse. Comment conjuguer la présomption d'innocence avec un tel fonctionnement ?"

"Je vois certains qui voudraient faire sortir le pouvoir législatif de son lit, considérant qu'il appartient au Parlement de se substituer à la justice et de devenir un tribunal populaire, d'oublier la séparation des pouvoirs et de considérer qu'il est de son ressort de contrôler chaque décision de l'Elysée."


CACOPHONIE ET SYMPHONIE DE LA MAJORITE

"Parfois, nous nous sommes trompés à trop surligner nos différences (...) Je n'ai jamais cru aux disciplines de parti (mais) je préfère le 'en même temps' symphonique au 'en même temps' cacophonique"

"Et donc, nous nous sommes parfois trompés en pensant qu'émettre une voix dissonante était le signe d'une force. (...) Penser qu'on réussit parce qu'on se décale au moment où un texte est difficile (..) est toujours une erreur. Ca peut être un gain personnel au moment où on le fait, mais c'est toujours une erreur pour le collectif (...) Les tireurs couchés d'un jour finissent abattus avec les autres quand ils décident de tirer sur les camarades (...)"