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L'ouragan Florence, classé en catégorie 4 sur une échelle de 5, s'approche rapidement de la côte Est des États-Unis, en particulier vers la Caroline du Nord et du Sud et la Virginie, où près de 2 millions de personnes ont été sommées d'évacuer, bien que des milliers d'entre elles ont décidé de rester chez elles, et d'affronter la tempête.

L'ouragan devrait vraisemblablement atteindre la côte est-américaine jeudi et son impact pourrait être dévastateur, à cause de ses vents extrêmement violents et de ses pluies diluviennes.

Le pays est en état d'alerte. Classé mardi en catégorie 4 sur 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson, avec des vents avoisinant les 220 km/h, Florence pourrait même atteindre la Pennsylvanie plus au nord. "C'est un ouragan puissant qui va frapper les côtes de Caroline comme les habitants n'en ont pas vu depuis des décennies", explique Jeffrey Byard, un responsable de l'Agence fédérale de gestions des situations d'urgence (FEMA), dans un article du Monde.

"Nous n'avons jamais été aussi prêts pour affronter l'ouragan", a tenté de rassurer Donald Trump depuis le bureau Ovale. "Il est terriblement gros, terriblement humide, un niveau terrible", a-t-il ajouté.

"Les montées des eaux sur les côtes de Caroline du Nord et du Sud peuvent être potentiellement mortelles", a averti le Centre national des ouragans. Les inondations pourraient atteindre 35 à 50 cm de hauteur, et des crues à l'intérieur des terres ne sont pas exclues, craignent les autorités.

En attendant, c'est le branle-bas de combat pour les trois Etats de l'est américain qui se préparent à affronter la tempête : les supermarchés ont été pris d'assaut, des milliers de personnes se sont enfermées chez elles, et on peut déjà constater de longues files de voitures sur les voies rapides, en direction des Etats du centre des USA, plus épargnés par l'ouragan.

Les ouragans, de pire en pire ?

Comment pourrait-on savoir si la situation empire ? Un article du quotidien britannique The Guardian, explique qu'il faut simplement se baser sur la fréquence des ouragans sur une année par rapport aux précédentes, et sur la force de ceux-ci. Compte tenu de l'augmentation des noms donnés aux ouragans (on nomme un ouragan quand ses vents atteignent une vitesse de minimum 119 km/h), on peut en conclure qu'il y a bien eu une augmentation de la formation des ouragans depuis le début du siècle.

L'année 2005 a été particulièrement dévastatrice (dont Katrina, qui reste encore dans toutes les mémoires), avec pas moins de 28 tempêtes "nommées". 20 tempêtes nommées ont été recensées trois ans d'affilée, en 2010, 2011 et 2012.

De plus en plus fréquent

Entre 1900 et 1930, on recense entre 1 et 15 ouragans par an, avec une moyenne située entre 5 et 7 ouragans annuels. Entre 1930 et 2000, une grande augmentation est constatée : l'année 1984 ne connaît que 4 tempêtes tropicales, mais la moyenne est bien plus élevée qu'au début du siècle ; ll est fréquent de dépasser la barre des 10 ouragans annuels. Depuis le début du siècle, la situation empire encore. Il n'y a eu que deux années en-dessous de 10 ouragans annuels.

Et ce n'est pas près de s'arrêter. Dû à l'impact humain sur le climat, les océans se réchauffent toujours plus et plus rapidement, rendant la formation des ouragans plus fréquente encore.

De nouvelles données publiées par Science Daily démontrent que les ouragans pourraient devenir plus puissants, plus lents et plus humides à l'avenir.

Des dégâts financiers colossaux

Au-délà des évidents drames humains, la facture des dégâts matériels provoqués par les ouragans est considérable. Parmi les plus coûteux, on recense:

  • Katrina (2005), qui a coûté 160 milliards de dollars.
  • Harvey (2017), 125 milliards de dollars.
  • Maria (2017), 90 milliards de dollars.
  • Sandy (2012), 70 milliards de dollars.
  • Irma (2017), 50 milliards de dollars.

© AFP