Après la tuerie du Colorado, Obama sous pression sur la question des armes

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Il est extrêmement facile d'acheter une arme à feu dans la plupart des Etats américains

WASHINGTON La fusillade dans le Colorado ravive le débat sur la réglementation des armes aux Etats-Unis, un sujet que le président Barack Obama est accusé d'avoir soigneusement évité depuis son arrivée à la Maison Blanche.

Au moins douze personnes ont été tuées et une quarantaine blessées vendredi lorsqu'un homme du nom de James Holmes, âgé de 24 ans, selon la police, a ouvert le feu dans un cinéma d'Aurora, une banlieue de Denver, dans le Colorado. C'est l'un des pires cas de violence par arme à feu aux Etats-Unis depuis la tuerie de Virginia Tech, qui avait fait 33 morts en avril 2007.
"Il y a des fusillades qui amènent les Américains à réfléchir à la violence par arme à feu, et celle-ci pourrait en être une", a déclaré à l'AFP John Sugarmann, président du Violence Policy Center, un centre de réflexion qui a son siège à Washington.

Le maire de New York, Michael Bloomberg, favorable à des mesures de contrôle des armes, a aussitôt appelé le président démocrate Barack Obama et son rival républicain à l'élection de novembre, Mitt Romney, à prendre position immédiatement sur le problème des armes.

"Il est peut-être temps que les deux hommes qui veulent être président des Etats-Unis se lèvent et nous disent ce qu'ils vont faire à ce sujet, car il s'agit à l'évidence d'un problème qui concerne tout le pays", a déclaré M. Bloomberg.

"Il y a tant de meurtres commis chaque jour avec des armes à feu, cela doit cesser", a-t-il dit.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Pat Carney, a exposé devant la presse la position de Barack Obama. "Le président croit que nous devons prendre des mesures de bon sens qui protègent les droits des Américains aux termes du Deuxième amendement (à la Constitution, autorisant la détention d'armes à feu) tout en faisant en sorte que ceux qui ne devraient pas posséder d'armes selon les lois en vigueur n'en obtiennent pas", a déclaré M. Carney.

"Nous faisons des progrès à cet égard, par l'amélioration du volume et de la qualité de l'information lors des vérifications du passé (des acheteurs d'armes), mais je n'ai rien de plus à vous dire sur le sujet", a conclu le porte-parole.

Le puissant lobby américain des armes à feu, mené par la National Rifle Association (NRA), accuse le président Obama d'être favorable à un traité en cours de négociation aux Nations unies qui permettrait de limiter le droit constitutionnel des Américains à posséder autant d'armes à feu qu'ils le désirent.

Le futur Traité sur le commerce des armes de l'ONU vise à réglementer le marché mondial des armes légères, mais le NRA affirme qu'il pourra conduire à l'adoption de lois plus strictes aux Etats-Unis.

Pour leur part, les militants pour le contrôle des armes ne sont pas du tout satisfaits de l'action de M. Obama dans ce domaine. "Nous sommes jusqu'à présent très déçus de l'action du président sur la question des armes", a déclaré M. Sugarmann, du Violence Policy Center.

Après la tuerie du Colorado, "nous espérons qu'il va passer de la compassion à l'action", a ajouté M. Sugarmann, favorable à l'interdiction des armes de poing et des fusils d'assaut.

Chaque année, environ 100.000 personnes, dont de nombreux enfants, sont blessées par arme à feu aux Etats-Unis et plus de 31.500 en meurent, selon des statistiques officielles.

M. Sugarmann a évoqué le massacre commis en 1999 dans un lycée à Columbine, ville située à moins de 30 kilomètres d'Aurora, la localité où a eu lieu la tuerie de vendredi.

"Ce qui est désespérant, c'est que personne ne se demande quel est le facteur commun que nous pouvons constater" dans les divers événements de ce genre, a relevé M. Sugarmann, apportant lui-même la réponse : "L'accessibilité des armes et les types d'armes vendues dans ce pays".

Il est extrêmement facile d'acheter une arme à feu dans la plupart des Etats américains.

En Virginie, par exemple, les carabines et les fusils de chasse peuvent être achetés librement par tout citoyen à partir de 18 ans, et les armes de poing à partir de 21 ans, du moment que l'acheteur n'est pas un immigrant illégal et n'a pas de casier judiciaire.

© La Dernière Heure 2012

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