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Deux jeunes femmes ont été interpellées jeudi en région parisienne, dans le cadre de l'enquête sur l'attaque djihadiste au couteau qui a fait un mort samedi à Paris, a annoncé le procureur de Paris, François Molins.

L'ami de l'assaillant mis en examen et écroué

L'ami de l'assaillant qui a perpétré une attaque jihadiste au couteau samedi soir au coeur de Paris a été inculpé jeudi pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et écroué, a-t-on appris de source judiciaire.

Présenté à un juge d'instruction après quatre jours de garde à vue, Abdul Hakim A., Français né en Tchétchénie (Russie), a été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes d'atteintes aux personnes". Arrêté dimanche à Strasbourg (est) et suivi pour radicalisation, le jeune homme de 20 ans est un très proche de Khamzat Azimov, le Français d'origine tchétchène qui a tué une personne et en a blessé cinq autres samedi dans les rues de la capitale avant d'être tué par un policier.

Deux femmes proches d'Azimov interpellées

Ces deux femmes sont des proches de Khamzat Azimov, l'auteur de l'attaque, et d'Abdoul Hakim A., un de ses amis qui devait être présenté jeudi à un juge en vue d'une éventuelle mise en examen (inculpation), a précisé M. Molins à la presse.

Parmi elles, figure Inès Hamza, radicalisée de 19 ans, qui s'est mariée religieusement avec Abdoul Hakim A. avant de tenter de partir en Syrie, a appris l'AFP de source proche de l'enquête.

L'autre femme est une de ses amies, selon une source proche de l'enquête.

Abdoul Hakim, fiché pour radicalisation depuis juin 2016 mais sans antécédents judiciaires, "a contesté une quelconque participation ou implication dans la préparation et la commission des faits et tout lien récent avec Khamzat Azimov, prétendant ne pas l'avoir vu et contacté depuis plusieurs mois", a déclaré le procureur.

"Les enquêteurs cherchent à savoir si Abdoul Hakim a pu influencer dans sa quête djihadiste Azimov, voire avoir eu connaissance du projet de ce dernier", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

Lors d'une perquisition à son domicile, sept téléphones ont été saisis mais le portable qu'il utilisait le plus souvent demeure introuvable. "Il a indiqué l'avoir égaré le matin même" de son interpellation, a rapporté M. Molins.

Les investigations sur sa ligne téléphonique ont cependant permis d'établir que, peu avant l'attaque, Abdoul Hakim a adressé à sa soeur, via une messagerie instantanée, "un chant jihadiste régulièrement repris par l'État islamique", a indiqué François Molins.

Le procureur a par ailleurs précisé que l'attaque de samedi avait fait 5 blessés, dont 2 graves, et non 4 comme indiqué jusqu'à présent. L'assaillant a occasionné "dix plaies" au jeune homme mort lors de l'attentat, Ronan Gosnet, dont l'une est "compatible avec une tentative d'égorgement", a ajouté M. Molins.

L'attaque, revendiquée par le groupe Etat islamique, a porté à 246 le nombre de personnes tuées dans la vague d'attentats djihadistes qui touche la France depuis 2015.