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Une cellule d'écoute et de soutien a été mise en place lundi au lycée Marie-Curie de Strasbourg où étaient scolarisés Khamzat Azimov, l'auteur de l'attaque au couteau de samedi à Paris, et son ami, interpellé dimanche dans la capitale alsacienne, a annoncé l'académie de Strasbourg.

"Les équipes éducatives et les élèves de l'établissement font l'objet depuis ce lundi matin d'une attention particulière par le biais d'une cellule d'écoute et de soutien", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

"Khamzat Azimov et (Abdoul) Hakim A. ont effectué leur scolarité au lycée Marie-Curie de Strasbourg", confirme également l'académie.

"Depuis 2015, un partenariat étroit est mis en place entre les préfectures du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et l'académie de Strasbourg pour le signalement et l'accompagnement des signaux faibles et forts de radicalisation", indique-t-elle encore.

Les deux hommes, nés en 1997, "étaient dans la même classe en 2016 en terminale ES, très bons amis, tous les deux Tchétchènes, ils étaient tout le temps ensemble au lycée et en dehors", avait témoigné auprès de l'AFP un ancien élève du lycée.

Azimov, qui a tué un homme et blessé quatre personnes avant d'être tué samedi soir à Paris, a grandi à Strasbourg où sa famille s'était installée après avoir fui la Tchétchénie. La famille vivait depuis quelques temps dans un meublé du XVIIIe arrondissement de Paris.

Il avait été entendu il y a un an par la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, en raison de ses liens avec Abdoul Hakim A.

Attaque au couteau: trois proches de l'assaillant en garde à vue, polémique sur les fiches S

Les gardes à vue de trois proches de Khamzat Azimov se poursuivaient lundi pour déterminer si le jihadiste, qui a tué un homme samedi à Paris, a bénéficié de complicités, sur fond de polémique politique.

Deux jours après l'attaque au couteau sur des passants par un Français de 20 ans originaire de Tchétchénie, sans antécédent judiciaire et fiché S (pour "sûreté de l'Etat") depuis l'été 2016, la présidente du Front national, Marine Le Pen a estimé que les fiches S "ne servent à rien".

L'efficacité de ces fiches est régulièrement critiquée à droite et à l'extrême droite.

L'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a, quant à lui, estimé que la France devait "resserrer (son) organisation" en matière de renseignement face au terrorisme, car "il y a des trous énormes dans (son) filet", mais aussi engager "un dialogue multilatéral avec les pays sources de terrorisme".

Le député LREM Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du Raid, a pour sa part proposé de trier ces fiches, en confiant à un "groupe de haut niveau" le soin de "purger le bas du spectre des fichés S".

Face à la polémique qui enfle comme après l'attaque jihadiste du 23 mars dans l'Aude (4 morts), dont l'assaillant était également fiché S, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a rappelé dans le journal gratuit CNews, que "les fiches S servent toutes les semaines à démanteler des réseaux, à empêcher des attentats".

Les parents de l'assaillant sont en garde à vue depuis dimanche. Les chambres que la famille louait dans un meublé du XVIIIe arrondissement ont été perquisitionnées, sans résultat concluant.

Dimanche, un de ses amis, Abdoul Hakim A., âgé de 20 ans également, a été interpellé et placé en garde à vue à Strasbourg, ville où la famille Azimov a vécu plusieurs années. Il a été transféré lundi au siège de la DGSI à Levallois-Perret près de Paris.

Abdoul Hakim A. est suivi par les services de renseignement depuis son mariage religieux avec Inès Hamza, une Francilienne radicalisée qui avait tenté de partir en Syrie en janvier 2017 avant d'être poursuivie pour association de malfaiteurs à visée terroriste, selon une source proche de l'enquête.

C'est en raison de ses liens avec cet homme que Khamzat Azimov avait été entendu il y a un an par la section antiterroriste de la brigade criminelle. A Strasbourg, ils étaient "tout le temps ensemble au lycée et en dehors", ont raconté à l'AFP d'anciens camarades de classe.

Lors d'une perquisition au domicile d'Abdoul Hakim A. dimanche après-midi, sept téléphones ont été saisis, mais le portable "principal" qu'il utilisait le plus souvent, demeurait introuvable.

Allégeance à l'EI

Azimov était également inscrit au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste (FSPRT), mais "plutôt" en raison de "ses relations" que de "son propre comportement, ses agissements et prises de position", selon une source proche du dossier.

Un passant français, âgé de 29 ans, a été tué et quatre personnes blessées par Khamzat Azimov, qui était armé d'un couteau avec une lame de 10 cm, samedi peu avant 21H00 près de l'Opéra, dans un quartier touristique de restaurants et théâtres.

Dans l'immeuble du XIIIe arrondissement où vivait Ronan, le jeune homme décédé, les voisins "saisis d'une grande tristesse" ont affiché un mot dans le hall pour annoncer sa mort. Pierre, voisin de l'étage inférieur, loue sa "grande générosité" tandis qu'Erik Gouenard, le patron du restaurant au coin de la rue, qualifie Ronan de "discret, calme mais toujours souriant. Comme si le sourire faisait partie de son ADN".

Les blessés, âgés de 26 à 54 ans, sont hors de danger.

Le groupe Etat islamique (EI) a rapidement revendiqué l'attaque et diffusé dimanche une vidéo dans laquelle un jeune homme présenté comme l'auteur de l'attentat prête allégeance à l'organisation jihadiste.

"La France paye une nouvelle fois le prix du sang mais ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté", avait réagi samedi soir le président Emmanuel Macron sur Twitter.

Le président américain Donald Trump a également réagi dimanche sur Twitter: "C'est triste de voir l'attaque terroriste à Paris. (...) Des changements doivent être apportés à notre processus de réflexion sur le terrorisme".

Cette attaque porte à 246 le nombre de victimes tuées dans des attentats sur le sol français depuis 2015.

Dans sa revendication, l'organisation jihadiste a affirmé que l'assaillant de Paris avait agi "en représailles envers les Etats de la coalition" militaire internationale intervenant en Syrie et Irak contre l'EI.

L'ami de Khamzat Azimov transféré au siège de la DGSI

L'ami strasbourgeois de Khamzat Azimov, l'auteur de l'attaque au couteau samedi soir à Paris, a été transféré lundi au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), a-t-on appris de source proche du dossier.

Le parquet de Paris a prolongé de 24 heures la garde à vue du jeune homme d'origine tchétchène, né en 1997 tout comme l'auteur de l'attentat qui a fait un mort et quatre blessés, a-t-on précisé de même source. Il a quitté lundi Strasbourg sous forte escorte policière.