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Les deux hommes arrêtés mardi à Marseille (sud de la France) et soupçonnés de préparer un attentat "imminent" étaient en possession de trois kilos d'explosifs, d'armes à feu et d'un drapeau de l'organisation djihadiste Etat islamique, a déclaré le procureur de Paris. 

Les deux suspects de nationalité française, Clément B. (23 ans) et Mahiedine M. (29 ans), "deux individus aussi méfiants que déterminés", se préparaient à procéder à "une action violente, de manière imminente sur le territoire français, sans qu'on puisse déterminer avec précision le jour, la ou les cibles visé(es)", a ajouté le procureur François Molins au cours d'une conférence de presse.

Les responsables de la sécurité de plusieurs candidats à la présidentielle avaient cependant été prévenus la semaine dernière de la dangerosité des deux hommes, dont des photos avaient été distribuées.

Les policiers ont saisi dans l'appartement occupé par les deux hommes à Marseille trois kilos de TATP, un explosif artisanal prisé des djihadistes, une grenade artisanale, plusieurs armes à feu dont un pistolet-mitrailleur, des sacs de munitions et un drapeau de l'Etat islamique, a notamment expliqué le procureur.

La France a été frappée depuis 2015 par une série d'attentats djihadistes qui ont au total fait 238 morts. Une vingtaine de tentatives d'attentats ont été déjouées depuis début 2016, selon le gouvernement.

Selon des proches de l'enquête, des armes à feu et du matériel servant à la fabrication d'explosifs ont été retrouvés.

Selon la Direction générale de la Sécurité intérieure française (DGSI) citée par franceinfo, une photo a été récupérée sur laquelle on aperçoit un fusil mitrailleur posé sur un journal "Le Monde" avec François Fillon en Une.

Les officiers de sécurité de François Fillon ont été avertis vendredi de "risques avérés" sur le candidat de la droite à l'élection présidentielle, a-t-on appris de sources concordantes LR, après l'arrestation des deux hommes.

Le ministère de l'Intérieur "avait renforcé la sécurité à Montpellier", où le candidat tenait meeting vendredi, a-t-on précisé de même source, évoquant la présence désormais de "tireurs d'élite" et de membres du Raid lors de ses réunions publiques.

Selon ces sources, des craintes entouraient le meeting de M. Fillon à Nice lundi.

Plusieurs candidats à la présidentielle révèlent ce mardi avoir été prévenus jeudi dernier d'une menace d'attentat. "Les photos ont été communiquées à mon service de sécurité dès jeudi", a indiqué la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen.


"Connus pour leur radicalisation"

Les deux interpellés avaient un projet d'attentat "certain", "dans les tous prochains jours sur le sol français", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, lors d'un point de presse.

Des perquisitions à Marseille ont permis de trouver "des éléments permettant de matérialiser cet attentat" et des "opérations de sécurisation et de déminage" sont en cours sur place, a-t-il ajouté.

Les deux hommes étaient "connus pour leur radicalisation" et ont déjà été incarcérés pour des faits sans caractère terroriste, selon une source proche de l'enquête.

"Tout est mis en oeuvre pour assurer la sécurité de ce rendez-vous majeur pour notre République" qu'est l'élection présidentielle, a assuré le ministre tout en pointant "un risque terroriste qui reste plus élevé que jamais".

Plus de 50.000 policiers et gendarmes, appuyés par les militaires de l'opération Sentinelle, seront mobilisés pour assurer la sécurité de l'élection, notamment dans les 67.000 lieux de vote dimanche.

La France est particulièrement visée notamment car elle fait partie des pays intervenant en Syrie contre le groupe djihadiste Etat islamique. Les deux dernières attaques ont d'ailleurs visé des militaires, sans les tuer, au musée du Louvre et à l'aéroport d'Orly.

Cinq projets d'attentats ont été déjoués depuis le début de l'année 2017, après 17 en 2016, a affirmé le 21 mars le Premier ministre Bernard Cazeneuve.