Monde Hamou B. s’est attaqué à six militaires à bord d’une BMW ce mercredi matin.

La France a été une nouvelle fois la cible d’une attaque terroriste ce mercredi matin. Une de plus parmi les nombreuses perpétrées depuis plus de deux ans à travers l’Hexagone. Et cette fois encore, des militaires ont été visés. C’est la cinquième fois en deux ans qu’on s’en prend ainsi aux forces de l’armée chez nos voisins.

L’attaque de ce mercredi a fait six blessés. Six militaires qui sortaient d’un immeuble HLM de Levallois-Perret, non loin de Paris, où ils disposent d’un local depuis qu’ils patrouillent dans les rues pour l’opération Sentinelle. Il était 8 h lorsqu’un véhicule a foncé en leur direction. Une BMW noire à bord de laquelle se trouvait un homme vêtu d’une chemise blanche. L’individu a volontairement écrasé les militaires avant de prendre la fuite à vive allure.

Une chasse à l’homme s’en est alors suivie à travers la France. Grâce aux multiples caméras de surveillance dont la petite ville de Levallois-Perret est équipée, la plaque d’immatriculation de la BMW a pu rapidement être enregistrée. Elle a alors été signalée à travers toute la France. C’est ainsi que la BMW a pu être localisée en début d’après-midi dans le nord du pays, sur l’autoroute A16, en direction de Calais.

L’auteur de l’attaque contre les militaires se trouvait déjà à 250 kilomètres de Paris. Il roulait rapidement sur l’autoroute et a refusé d’obtempérer. Il n’a pas hésité à percuter un véhicule de police. Raison pour laquelle des membres de la BRI ont tiré dans sa direction. Le suspect a été touché à cinq reprises. Dans un état critique, il était toujours en vie à l’heure d’écrire ces lignes. Il s’agit d’un certain Hamou B., âgé de 37 ans et totalement inconnu des services antiterroristes français.

Ce mercredi en début de soirée, plusieurs perquisitions avaient lieu chez des proches du suspect. Notamment dans les Yvelinnes, où est domicilié Hamou B. ainsi que dans le Val d’Oise.

De nombreuses questions demeurent autour de cet acte. Comme à chaque fois, il s’agira de déterminer si Hamou B. a agi seul ou avec l’appui de complices. Il faudra également comprendre pourquoi il a commis cet attentat.

Était-il guidé par d’autres personnes, basées en France ou à l’étranger ? A-t-il agi sur un coup de tête ou cet acte était-il préparé de longue date? Pourquoi avoir choisi cette cible ? Toutes les réponses à ces questions devraient être apportées dans les prochaines heures.

Du côté des victimes, les nouvelles étaient plutôt rassurantes hier en fin de journée. Alors qu’on parlait de six militaires blessés dont deux grièvement, le ministre français de la Défense a assuré que les militaires étaient désormais tous hors de danger.

Reste que chez nos voisins, la question de l’utilité de la présence des militaires en rue fait plus que jamais débat (lire détails ci-dessous).

L’opération Sentinelle contestée

Comme au lendemain de l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, la présence des militaires en rue est à nouveau remise en cause chez nos voisins français suite à l’attaque survenue hier matin à l’encontre de six militaires non loin de Paris.

L’opération Sentinelle comme elle est surnommée chez eux, à l’instar de l’opération Homeland en Belgique, a débuté il y a plus de deux ans, suite aux attentats contre Charlie Hebdo. Au total, pas moins de 7.000 militaires sont ainsi mobilisés dans les rues afin d’assurer une surveillance supplémentaire. En deux ans, ces hommes et ces femmes ont déjà été la cible de cinq attaques. C’est énorme.

Et si chez nous , l’utilité de cette présence militaire dans les rues a pu être prouvée le 21 juin dernier lorsque des militaires ont pu déjouer un attentat gare Centrale à Bruxelles, cela n’a pas encore été le cas chez nos voisins. D’où la relance de critiques, très vives, ce mercredi.

Voici quelques jours, Emmanuel Macron avait communiqué qu’il n’y aurait pas un militaire de moins dans les rues d’ici la fin 2017.

L’attaque d’hier provoquera-t-elle un changement de position dans le chef du président français ? La question fait la Une de l’actualité outre-Quiévrain.

Les militaires belges ne s’inquiètent pas

En France, l’opération Sentinelle, qui mobilise 7.000 militaires, est très contestée. La dernière critique en date : "Sentinelle est un paratonnerre qui attire la foudre", dixit l’historienne Bénédicte Chéron, spécialiste des relations entre l’armée et la société, au journal Le Point.

Malgré les déclarations de la ministre française des Armées, des généraux, chercheurs et spécialistes doutent de l’efficacité du déploiement militaire. "On constate que strictement aucun attentat, de quelque origine qu’il soit, n’a jamais pu être empêché par cette présence", dixit un colonel à la retraite.

On aurait pu dire la même chose de l’opération Vigilant Guardian (OVG), l’équivalent belge de Sentinelle. Sauf que, fin juin, un Chasseur ardennais a empêché un attentat à la gare centrale. C’était la première intervention armée d’un soldat depuis le début de la mission, lancée en janvier 2015.

En France, les experts considèrent que les militaires sont avant tout des cibles. "Est-ce que nous sommes des cibles ? Oui. Mais aujourd’hui, tout le monde l’est", relativise un soldat en faction dans la station de métro Arts-Loi. "C’est sûr, surenchérit son collègue, mais nous sommes armés et entraînés".

L’année passée, comme vous le révélait la DH dans une enquête, l’État islamique avait diffusé une liste de soldats belges à abattre sur le réseau crypté Telegram.