Monde Deux semaines après les terribles attentats qui ont ensanglanté Paris, voici ce que l'on sait des personnes impliquées.

Salah Abdeslam, l’homme le plus recherché 

Depuis le 13 novembre et les sinistres attentats qui ont frappé Paris, les enquêteurs reconstituent peu à peu le fil des événements, identifient les auteurs et leurs complices. Salah, toujours en cavale, est un des pions essentiels des attentats. 

On ignore encore son véritable rôle, mais ce qui est certain, c’est qu’il était à Paris le 13 novembre et qu’il a bénéficié de nombreux complices pour quitter la capitale française, regagner la Belgique puis… disparaître. Ce Français de 26 ans, né et vivant à Bruxelles, a loué en Belgique la Polo du Bataclan et une Clio. 

Il a également réservé des chambres d’hôte utilisées avant les attentats. Les enquêteurs ont établi qu’il était dans le 18ème arrondissement de Paris le soir des attentats. C’est là qu’a été retrouvée la Clio. Il est aussi suspecté d’avoir conduit les kamikazes au stade de France et aurait pu participer aux attaques du commando des terrasses.
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Mohamed Abrini, toujours en cavale 

Ce Belgo-Marocain, âgé de 30 ans, a été filmé deux jours avant les attaques en compagnie de Salah Abdeslam, à la station-service de Ressons, sur l’autoroute en direction de Paris. Mohamed Abrini était au volant de la Renault Clio retrouvée à Paris après les attentats. 

Né le 27 décembre 1984, Abrini a effectué ces dernières années plusieurs séjours en prison, raconte son frère.  "Des vols avec effraction, des vols avec violence" . Pour sa sœur,  "certes il a commis des bêtises, mais il n’a jamais été violent avec quiconque. Je ne le vois pas prendre les armes".  Abrini, cette année, est parti en Turquie.  "Une dizaine de jours, à Istanbul, pour se détendre"  après la prison, se souvient sa mère.  "Entre fin juin et début juillet" , précise le parquet fédéral :  "Nous supposons qu’il est parti en Syrie."  Dès juin 2015, il figurait déjà sur une liste de radicalisés  transmise par les renseignements belges à la commune de Molenbeek, dans la catégorie  "présumé (parti) en Syrie et présumé de retour" .
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Les kamikazes du Bataclan


Samy Amimour     

Né en octobre 1987 en Seine-Saint-Denis, Samy, deuxième d’une fratrie de trois, a une enfance des plus banales à Drancy, en banlieue parisienne. Après 15 mois à la RATP, le jeune homme démissionne de ce travail qu’il juge "haram" (interdit en arabe),  "car on y côtoie trop de femmes, trop de tentations ". 

Le jeune homme se radicalise à vitesse grand V. 

D’après le maire de Drancy, Samy  "voulait imposer à sa mère, parfaitement laïque, le port du voile, puis imposer à la maison les règles de l’intégrisme le plus absurde, le plus éloigné de la religion musulmane" . en octobre 2012, il est arrêté, soupçonné de vouloir partir au Yémen pour faire le djihad. Il fera quatre jours de garde à vue. Le 11 septembre 2013, il quitte la France, direction la Syrie. Son père tentera d’aller le rechercher en octobre 2015. Sans succès. Il rentre en France quelques semaines plus tard, pour mener l’opération au Bataclan où il se fait exploser.
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Omar Ismaïl Mostefaï     

Ce Français de 29 ans, né en banlieue parisienne, a été condamné huit fois entre 2004 et 2010 mais jamais incarcéré. Fiché pour radicalisation depuis 2010, il a séjourné en Syrie. Omar Ismaïl Mostefaï est né à Courcouronnes, dans l’Essonne, le 21 novembre 1985. 

L’homme est un citoyen français âgé de 29 ans. Le jeune père de famille vivait dans le quartier de la Madeleine, à Chartres, à une petite centaine de kilomètres au sud-ouest de Paris. Entre 2004 et 2010, Omar Ismaïl Mostefaï a eu affaire à la justice à huit reprises, à chaque fois pour des délits mineurs :  "conduites sans permis, outrages.  Il a aussi été soupçonné de participer à des trafics locaux de stupéfiants. Un petit délinquant de droit commun qui n’a jamais été incarcéré, même s’il faisait l’objet d’une fiche S.
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Un troisième kamikaze     

Omar Ismaïl Mostefaï et Samy Amimour étaient accompagnés d’un troisième kamikaze dans leur folie meurtrière au Bataclan. L’homme n’a pas encore été identifié.
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Le commando des terrasses


Brahim Abdeslam 

Ce Français résidant en Belgique, 31 ans, s’est fait exploser, seul, dans un restaurant au terme de cette équipée meurtrière. Il a loué en Belgique une Seat retrouvée à Montreuil, près de Paris.
 
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Abdelhamid Abaaoud ?     

Ses traces ont été retrouvées sur une kalachnikov dans la Seat, laissant penser qu’il faisait partie de ce commando. Il a été filmé, le 13 novembre vers 22h, par une caméra dans le métro à Montreuil, près du lieu où la voiture a été abandonnée.
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Un troisième terroriste

Une troisième personne a participé aux multiples fusillades visant les gens attablés aux terrasses des cafés et restos. Il n’a pas encore été identifié.


Les attentats manqués du Stade de France


Bilal Hadfi     

Âgé de 20 ans, il est le plus jeune des terroristes identifiés des attentats de Paris. Au début du mois, sa mère, Farima Hadfi, avait confié son désarroi au sujet de la radicalisation de son fils à nos confrères de  La Libre Belgique (plus d'infos ici) .  Parti pour la Syrie le 15 janvier dernier, il rentre pour se faire exploser au Stade de France.
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Deux inconnus aux passeports syriens     

À côté du corps d’un kamikaze est trouvé un passeport syrien au nom d’Ahmad al-Mohammad, soldat mort de Bachar al-Assad. Il avait été contrôlé le 3 octobre sur l’île grecque de Leros, selon ses empreintes, parmi les réfugiés fuyant la Syrie, tout comme l’autre kamikaze qui avait lui présenté un passeport syrien au nom de Mohammad al-Mahmod. Des appels à témoins avec photo ont été diffusés, sans résultat à ce jour.
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L'assaut à Saint-Denis


Hasna Aitboulahcen 

Cette Française de 26 ans d’origine marocaine, née près de Paris, est la cousine d’Abaaoud. Elle aurait négocié cette planque et c’est en la suivant, grâce à un témoignage, que les enquêteurs seraient arrivés jusqu’à lui.
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Jawad Bendaoud, le logeur

L’homme est soupçonné d’avoir fourni un logement de repli au djihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud après les attentats de Paris. Il avait été arrêté le 18 novembre en rue, à proximité immédiate de l’appartement de Saint-Denis, banlieue nord de Paris, pris d’assaut par des policiers d’élite.  "On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service, je n’étais pas au courant que c’étaient des terroristes",  avait affirmé cet homme, qui présente un profil de délinquant de droit commun.
 
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Abaaoud, le cerveau présumé 

Organisateur présumé des attentats, ce djihadiste belgo-marocain notoire de 28 ans surnommé Abou Omar al-Baljiki ("le Belge"), est né à Molenbeek, en Région bruxelloise. Il a été tué lors de l’assaut policier mené le 18 novembre contre un appartement de Saint-Denis, près de Paris. 

Le gouvernement français l’a présenté comme "un des cerveaux" des tueries du 13 novembre, impliqué dans quatre des six attentats "évités ou déjoués" en France depuis le printemps. D’après le procureur français en charge de l’enquête, Abaaoud et l’homme retrouvé à ses côtés à Saint-Denis projetaient de "se faire exploser le mercredi 18 ou le jeudi 19 novembre à La Défense". 

Condamné en Belgique par défaut à 20 ans de réclusion, Abaaoud avait rejoint la Syrie en 2014. Il est arrivé en France en échappant au radar des renseignements européens.
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Les complices arrêtés depuis le 13 novembre

Hamza Attou et Mohammed Amri :   inculpés en Belgique pour  "attentat terroriste" , ils sont soupçonnés d’avoir exfiltré Salah Abdeslam vers Bruxelles avec une voiture VW Golf au lendemain des attaques. Mohammed Amri, âgé de 27 ans, était le conducteur et propriétaire de la voiture tandis qu’Hamza Attou était passager.

Lazez Abraimi :  selon le parquet fédéral, Lazez Abraimi a véhiculé Salah Abdeslam après les attentats de Paris. L’homme de 39 ans, de nationalité marocaine et habitant Jette, a été interpellé le 19 novembre au cours d’une perquisition, avant d’être placé sous mandat d’arrêt. Deux armes de poing ont été découvertes dans son véhicule ainsi que des traces de sang.

Ali Oulkadi :  à la suite de la vague de perquisitions menées le soir du dimanche 22 novembre, Ali Oulkadi a été inculpé de participation aux activités d’un groupe terroriste et d’attentat terroriste. Ce ressortissant français de 31 ans résidait à Molenbeek. Le lendemain des attentats, il a conduit Salah Abdeslam depuis la station de métro Bockstael à Laeken jusqu’à Schaerbeek.

Abdeilah Chouaa :  cet homme a été interpellé le 23 novembre en Belgique dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris avant d’être placé sous mandat d’arrêt. Il est suspecté de  "participation aux activités d’un groupe terroriste et d’assassinats terroristes" .

Mohamed Bakkali :  cet homme a été interpellé le 26 novembre à Bruxelles dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris, et placé sous mandat d’arrêt le lendemain. Son père et son frère ont également été interpellés à Verviers mais ils ont tous deux été relaxés.

Ahmed Dahmani :  Belge d’origine marocaine, il est soupçonné d’avoir participé au repérage des cibles de l’attaque parisienne. Le jeune homme de 26 ans pratiquait la boxe et s’entraînait à Molenbeek avant de se radicaliser. Il a été arrêté en Turquie.