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Une victoire des forces gouvernementales syriennes à Alep représenterait une "étape énorme" en vue de la fin de la guerre, a déclaré le président Bachar al-Assad à un quotidien syrien.

Les forces du régime syrien, appuyés par des combattants iraniens et du Hezbollah libanais, ont réussi à reprendre plus de 80% des quartiers rebelles dans la partie Est d'Alep depuis le début d'une offensive majeure le 15 novembre, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans un entretien à paraître jeudi dans le journal proche du pouvoir Al-Watan, dont l'AFP a reçu une copie, le chef de l'État affirme que "l'échec (des rebelles) dans la bataille d'Alep marquera un tournant dans la guerre dans toute la Syrie".

Les analystes estiment, à l'unanimité, qu'une victoire du régime à Alep, principal front du conflit, changerait le cours de la guerre qui a éclaté en mars 2011.

"C'est vrai qu'Alep sera une victoire pour nous mais soyons réalistes, cela ne signifie pas la fin de la guerre en Syrie. Mais ce sera un étape énorme vers la fin" du conflit, a déclaré M. Assad.

Il a par ailleurs exclu un cessez-le-feu à Alep, la deuxième ville du pays située dans le nord.

"Sur le terrain (à Alep), il n'y a pas de trêve", a dit M. Assad, en réponse à une question sur un cessez-le-feu "aujourd'hui" dans cette ville.

"Les Américains, en particulier, insistent pour demander une trêve, car leurs agents terroristes sont actuellement dans une situation difficile", a-t-il ajouté, alors que le régime syrien qualifie tous les groupes rebelles, dont ceux soutenus par Washington, de "terroristes".

"La libération d'Alep (...) portera un coup au projet des terroristes", selon lui.

Le contrôle par le régime de "Damas, Homs et Alep signifie qu'ils (les rebelles) n'auront plus de cartes à jouer", a-t-il dit en parlant des trois plus grandes villes du pays.

Mais, a souligné M. Assad, "la guerre en Syrie ne finira qu'après l'élimination totale du terrorisme. Les terroristes sont présents ailleurs (dans le pays). Quand on en aura fini avec eux à Alep, on continuera notre guerre contre eux" dans les autres secteurs.

Parlant des accords passés avec des rebelles dans la région de Damas pour qu'ils évacuent des villes, il a estimé qu'il s'agissait des "seules solutions en parallèle avec les frappes sur les terroristes".

"Cette solution a protégé les civils et les infrastructures (...), a donné la possibilité à de nombreux hommes armés de changer et de revenir dans le giron de l'Etat", selon lui.

De nombreux pays occidentaux ont rompu leurs relations diplomatiques avec Damas après le début de la guerre en 2011, déclenchée par la répression d'un mouvement de protestation pacifique, mais M. Assad a dit rester ouvert à des relations avec eux.

"Nous voulons vraiment des relations avec chaque pays, notamment en Occident, même si on connaît leur hypocrisie", a-t-il dit.