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Quelques jours après l’effondrement du pont Morandi, à Gênes, le gouvernement italien pointe du doigt la société Autostrade per l’Italia, gestionnaire de l’autoroute A10 en Italie.

La société en question est en fait une filiale d’Atlantia, une entreprise contrôlée à 30 % par la famille Benetton et qui gère notamment la Sanef (Société des autoroutes du nord et de l’est de la France), qui ambitionne de devenir un leader mondial de la gestion d’infrastructures de transport.

Le groupe gère près de la moitié du réseau autoroutier en Italie, ce qui équivaut à plus de 3.000 kilomètres cumulés de routes. Mais ce n’est pas tout. Atlantia travaille au-delà de la péninsule transalpine en possédant plus de 5.000 kilomètres de routes à travers le monde : Pologne, Brésil, Inde…

Malgré cela, suite aux accusations du gouvernement italien et à l’annonce d’une possible révocation de la concession d’Autostrade per l’Italia, le groupe a perdu plus de 25 % à la Bourse de Milan jeudi matin. Dans le même temps, Atlantia a communiqué que cette annonce "avait été effectuée en l’absence de toute certitude sur les causes effectives du drame".

La famille Benetton est donc dans une bien mauvaise posture.

En effet, le groupe avait décidé il y a quelques années de diversifier ses activités en s’éloignant un peu du textile tant la concurrence avec H&M et Zara était rude. Benetton est alors devenu l’actionnaire principal d’Atlantia mais, selon Ludmila Acone, historienne spécialiste de l’Italie à l’université de Paris," la famille italienne aurait payé le parti au pouvoir pour que sa société remporte le marché de ce pont", a-t-elle déclaré sur France Inter jeudi matin.