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C'est le 14 décembre que sera décidé le sort de son gouvernement

ROME Le chef du gouvernement italien de centre-droit Silvio Berlusconi a lancé un appel samedi à ses partisans pour qu'ils participent à une "grande manifestation" de soutien les 11 et 12 décembre, avant un vote le 14 au Parlement, crucial pour le sort de son exécutif.

Le Cavaliere a exhorté à "une mobilisation et une action vraiment efficace" pour organiser "samedi 11 et dimanche 12 décembre une manifestation massive et une collecte de signatures de soutien à l'action du gouvernement", dans un message vidéo aux Promoteurs de la liberté.

La principale force d'opposition le Parti démocrate (gauche) a également appelé à une manifestation nationale à Rome le 11 décembre.

Sans nommer son ancien allié devenu son rival Gianfranco Fini, le président du Conseil a dénoncé ceux qui sont à l'origine d'une "crise politique déraisonnable et irresponsable" qui "paralyse la vie publique".

M. Fini, s'estimant chassé par M. Berlusconi, a quitté fin juillet le parti Peuple de la liberté (PDL), qu'ils avaient cofondé et a retiré il y a 15 jours ses proches du gouvernement, consommant sa rupture avec le Cavaliere.
Dans ce contexte, le gouvernement Berlusconi devra affronter le 14 décembre deux votes parallèles au Parlement; celui d'une motion de soutien au Sénat et d'une motion de censure à la Chambre des députés.
Au Sénat, Silvio Berlusconi dispose avec son allié de la Ligue du Nord d'une majorité plus solide qu'à la Chambre où il dépend de l'appui de la quarantaine de députés "finiens". Ceux-ci sont partagés entre une ligne plus sévère encline à censurer M. Berlusconi et une plus encline à s'abstenir.
Visiblement à l'adresse des indécis, M. Berlusconi a affirmé que les parlementaires qui ne soutiendraient pas la majorité "devraient assumer la responsabilité d'avoir trahi les électeurs" et qu'ils "porteraient toute leur vie la trace de ce manque de loyauté".
Le 29 septembre, a-t-il rappelé, les "finiens" et tout le centre-droit avaient voté la confiance au gouvernement.
En déplacement dans les Pouilles, M. Fini a dénoncé "les déclarations de propagande" de Silvio Berlusconi et a estimé que s'il continuait comme cela, "il n'aurait ni la confiance (du Parlement) ni des élections anticipées parce que beaucoup de parlementaires ne veulent pas aller au vote".
La première trahison "est venue de ceux (Berlusconi) qui qualifiaient le PDL de parti pluraliste de masse et de l'amour", a lancé M. Fini.
Sans exclure un nouveau "pacte de législature" offert à "ceux qui le souhaitent", par exemple les centristes, Berlusconi a souligné qu'il ne "se contenterait pas d'un (vote de) confiance fondé sur des marges fragiles".
Dans le cas contraire, il compte démissionner et parier sur la convocation de législatives anticipées par le président Giorgio Napolitano qui est le seul à en avoir le pouvoir.
"L'Italie a besoin de tout sauf de l'instabilité" et d'une "crise de crédibilité qui ferait peur aux marchés et aux investisseurs internationaux et nous mènerait sur la même voie que la Grèce et l'Irlande", a-t-il fait valoir.

© La Dernière Heure 2010