Monde L'équilibre du temps d'antenne exigé entre les formations politiques suscite la colère du Cavaliere

MILAN Silvio Berlusconi a accusé samedi ses opposants de l'empêcher de s'exprimer sur les ondes dans le cadre de la campagne pour les élections législatives des 9 et 10 avril en Italie.

Le président du Conseil, qui contrôle le principal empire médiatique du pays, avait entamé l'année par des interventions radio-télévisées quasi quotidiennes pendant cinq semaines, en vantant les résultats obtenus par son gouvernement.

Mais une stricte réglementation de campagne s'est mise en place depuis lors, ce qui a obligé les médias à accorder un espace égal à une pléthore de partis politiques.

Il Cavaliere a déclaré à une foule de partisans rassemblés à Milan que ses adversaires refusaient de partager le temps d'antenne avec lui et que les stations de radio et chaînes de télévision acceptaient avec mauvaise grâce de l'accueillir seul.

«Ces deux dernières semaines, ils ont entièrement réussi à m'empêcher d'intervenir sur les ondes», a dit Berlusconi dans son fief milanais, capitale financière de la Péninsule.

«Ils ont bâillonné le président du Conseil, le dirigeant de la majorité parlementaire élue par le peuple italien.» Berlusconi veut obtenir deux débats télévisés avec le dirigeant de centre-gauche Romano Prodi, ex-président de la Commission européenne qui arrive en tête des sondages mais passe pour moins médiatique que lui.

Deux débats en vue?

Prodi n'a pas donné son accord sur les conditions d'une telle confrontation et exige que Berlusconi renonce d'abord à une conférence de presse télévisée après le dernier débat.

Malgré l'absence d'accord, la RAI (télévision nationale) a annoncé vendredi que les deux débats auraient lieu le 13 mars et le 3 avril - provoquant ainsi la fureur de Prodi.

«La RAI ne peut rien décider. Le tête-à-tête n'aura lieu qu'en vertu d'un commun accord. Il ne peut pas y avoir ensuite de conférence de presse en supplément. Cela ne se fait dans aucune démocratie», a déclaré le candidat Romano Prodi à des journalistes.

Fort d'un avantage de 4,5 points sur le centre-droit, Prodi pourrait être tenté d'éviter un duel direct avec Berlusconi.

Mais ce dernier l'a tourné en ridicule samedi à ce sujet, affirmant qu'il était pris de panique.

«Il ressemble à Monsieur Bertoldo, qui était condamné à mort mais autorisé à choisir l'arbre auquel il voulait qu'on le pende et qui erre encore dans la moitié des forêts d'Europe», a dit Berlusconi par allusion à un personnage de conte italien.

Briser l'image de Prodi!À moins de six semaines du scrutin qui s'annonce indécis et, en tout cas, particulièrement périlleux pour Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien, c'est une évidence, a décidé de sortir la grosse artillerie pour tenter de remonter la pente dans les sondages et de donner une image très - trop ? - policée de son adversaire centriste qui le devance toujours dans les intentions de vote.

© La Dernière Heure 2006