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L'Union européenne et le Royaume-Uni ne sont pas parvenus à atteindre un accord lundi pour boucler la première phase de leurs négociations de divorce, a annoncé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, après un long entretien à Bruxelles avec la Première ministre britannique Theresa May. 

"Malgré nos meilleurs efforts et les avancées significatives faites par nos équipes ces derniers jours, il n'a pas été possible de trouver un accord complet", a reconnu M. Juncker.

"Ce n'est pas un échec, c'est le début du tout dernier round", a-t-il poursuivi, avant de se déclarer "confiant" quant à la possibilité d'atteindre un accord d'ici le sommet européen prévu en fin de semaine prochaine.

Il reste "des différences" sur "deux ou trois questions", a pour sa part déclaré Theresa May, venue discuter avec M. Juncker des trois dossiers jugés prioritaires par l'UE dans le cadre des discussions sur le divorce (les droits des citoyens après le Brexit, le règlement financier de la séparation et la question des frontières avec l'Irlande).

"Je suis confiante sur le fait que nous allons conclure cela de façon positive", a déclaré Mme May, tout en précisant que de nouveaux pourparlers auront lieu dans la semaine.

Les Européens exigent des "progrès suffisants" dans ces trois dossiers clés pour ouvrir des négociations sur la relation commerciale future avec les Britanniques. Les dirigeants de l'UE doivent évaluer formellement lors de leur conseil des 14 et 15 décembre si de telles avancées ont été enregistrées.

Un accord imminent

L'Union européenne et le Royaume-Uni étaient proches d'un accord lundi pour boucler la première phase de leurs négociations de divorce, y compris sur le dossier irlandais, ce qui ouvrirait la voie aux discussions commerciales réclamées avec insistance par Londres.

La Première ministre britannique a été reçue en début d'après-midi par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker pour un "déjeuner de travail" crucial, censé finaliser un accord de principe sur les modalités du divorce, programmé fin mars 2019.

Mme May rencontrera ensuite à 16H00 (15H00 GMT) le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui lui a demandé "de mettre une offre finale sur la table" ce lundi "au plus tard", pour qu'elle puisse être examinée lors d'un sommet européen le 15 décembre.

M. Tusk, qui représente les dirigeants des 27, a renoncé à un voyage au Moyen-Orient mardi et mercredi, "en raison du moment critique atteint dans les discussions du Brexit", selon son porte-parole.

Le dirigeant européen n'a pas caché son optimisme, à la mi-journée: "nous nous rapprochons des progrès suffisants au sommet européen de décembre", s'est-il réjoui sur Twitter, après un entretien "encourageant" avec le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

Le constat de ces fameux "progrès suffisants" sur le divorce lors de sommet du 15 décembre est la condition posée par les 27 pour ouvrir la seconde phase de discussions, incluant la relation future entre Londres et l'UE, en particulier commerciale.

Les dirigeants européens exigent pour cela des engagements dans trois dossiers. Il s'agit du règlement financier de la séparation, qui paraît désormais en bonne voie, mais aussi du sort après le Brexit des citoyens expatriés et de l'avenir de la frontière irlandaise, qui a émergé ces dernières semaines comme le point de blocage majeur.

Les 27 décideront

Les propositions de Mme May devront ainsi être débattues au sein de la Commission mercredi, lors d'une réunion de ses membres avec le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier.

Le Français livrera son verdict à l'issue de cette rencontre pour le soumettre aux diplomates des 27, avant la décision finale du sommet de décembre.

"Les choses semblent aller dans la bonne direction", a commenté lundi le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel. "Mais ce n'est ni à M. Juncker, ni à M. Barnier de décider", c'est aux dirigeants des 27, a-t-il rappelé.