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Le nouveau chef militaire a promis un processus "démocratique" associant toutes les forces vives de ce pays pauvre du Sahel de quelque 17 millions d'habitants, mais il est resté flou sur les modalités de la transition.

Une rencontre a débuté dimanche vers 16H40 (17h40 HB) à Ouagadougou entre les responsables de l'opposition burkinabé et le lieutenant-colonel Isaac Zida, chef désigné par l'armée d'un régime de transition, a constaté un journaliste de l'AFP. Sont présents le chef de file de l'opposition Zéphirin Diabré, l'ancien ministre des Affaires étrangères Ablassé Ouedraogo, l'ancien président de l'Assemblée nationale devenu opposant Roch Marc Christian Kaboré, et le leader du parti sankariste Bénéwendé Sankara.

Saran Sérémé, dissidente de l'ex-parti au pouvoir devenue chef d'une petite formation, qui a voulu se déclarer dimanche après-midi à la télévision nouvelle chef de la transition, était présente avant le début de la réunion mais elle est sortie de la salle avant qu'elle ne commence, semble-t-il snobée par les autres participants, a constaté le journaliste de l'AFP.

La rencontre se tient au Conseil économique et social, en plein centre de Ouagadougou, où M. Zida s'est installé. Aucune information sur le contenu des discussions n'a filtré jusqu'à présent.

La haute hiérarchie de l'armée s'est mise d'accord samedi pour que le numéro 2 de la garde présidentielle, le lieutenant-colonel Isaac Zida, 49 ans, prenne la tête du régime provisoire et succède à 27 ans de règne de Blaise Compaoré, chassé vendredi par une insurrection populaire.



Appel au dialogue au Burkina Faso

L'actuel président de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a appelé dimanche au dialogue entre toutes les parties impliquées dans la transition politique au Burkina Faso, dont le président Blaise Compaoré a été chassé du pouvoir. Actuellement à la tête de la Cédéao, le président du Ghana, John Dramani Mahama, a déclaré que la chute de M. Compaoré vendredi avait "ouvert la voie au dialogue et à la paix" et que toutes les parties devaient respecter la démocratie et la constitution.

Le dialogue "est la seule façon d'arriver à un consensus politique qui mènera à des élections libres, équitables et crédibles, en conformité avec les dispositions constitutionnelles" du Burkina Faso, a-t-il estimé dans un communiqué.

La retenue est nécessaire pour éviter que "la situation déjà précaire" n'empire, a-t-il ajouté.

L'armée, qui a désigné un de ses officiers, le lieutenant-colonel Isaac Zida, comme chef d'un gouvernement de transition, s'est imposée par la force dimanche au Burkina Faso face à des manifestants qui contestaient sa prise de pouvoir, trois jours après le renversement du président Blaise Compaoré.

Des soldats ont pris le contrôle de la radio-télévision nationale en début d'après-midi, tandis que d'autres occupaient la place de la Nation proche devenue un centre d'agitation au cœur de Ouagadougou.