Monde

Le Premier ministre Charles Michel a déclaré comprendre les mots durs prononcés mercredi par le président du Conseil Européen, Donald Tusk, à l'encontre du président américain, Donald Trump. 

"Au cours des derniers mois, les Etats-Unis ont pris plusieurs décisions unilatérales allant à l'encontre des intérêts européens. L'UE doit prendre son avenir en main", a commenté M. Michel, en prélude à un dîner informel avec ses homologues européens à Sofia, en Bulgarie. Plus tôt dans la journée, Donald Tusk avait fustigé "l'attitude capricieuse" de l'administration américaine. "Quand on regarde les dernières décisions du président Trump, on pourrait même se dire qu'avec de tels amis, on n'a pas besoin d'ennemis", avait-il encore lancé.

Des propos que Charles Michel comprend, a-t-il expliqué. Les décisions unilatérale du locataire de la Maison Blanche sur le nucléaire iranien ou l'instauration de taxes douanières sur l'acier et l'aluminium sont des exemples de cas où les Etats-Unis ont agi contre les intérêts européens, selon M. Michel. "Je regrette ces décisions, mais nous devons maintenir un dialogue intense avec les Etats-Unis", a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre a affirmé rechercher des "accords win-win" et critiqué ceux où le président Trump agit explicitement au détriment de ses partenaires ou adversaires.

M. Michel a par ailleurs plaidé pour que l'Union européenne prenne son avenir en main au lieu de laisser les Etats-Unis prendre les décisions.

Ce constat s'applique aussi au conflit israélo-palestinien, "une discussion où l'Europe est politiquement trop absente." Le chef du gouvernement souhaiterait entre autres que l'Union européenne se serve davantage de sa position économique pour faire comprendre à l'Etat d'Israël qu'il a besoin de l'Europe. "Si nous voulons des relations renforcées avec Israël à l'avenir, ce pays devra prendre des engagements dans le processus de paix, ce qui n'est pas le cas actuellement".

M. Michel s'est par ailleurs montré particulièrement critique envers les Etats membres de l'UE qui se montrent "moins clairs" avec Israël et les Etats-Unis, d'autant plus alors que près de 60 Palestiniens ont perdu la vie lundi à Gaza après des heurts avec les forces israéliennes lors de manifestations de masse contre l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

Le Premier ministre a réitéré sa demande d'enquête internationale indépendante à ce sujet. "Lorsque nous sommes confrontés à une situation aussi inacceptable, je pense que les Etats européens doivent prendre leurs responsabilités".

A cet égard, M. Michel s'est dit "surpris" par la position du gouvernement néerlandais. La Haye refuse en effet de convoquer l'ambassadeur d'Israël aux Pays-Bas et dit attendre les résultats d'une enquête diligentée par l'Etat hébreu lui-même. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Stef Blok, rejette par ailleurs l'idée d'une enquête internationale.