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Les autorités suisses privilégient la piste du non-respect d'une signalisation, comme étant la cause de l'accident de train survenu lundi soir en Suisse romande.

"L'hypothèse privilégiée est le non-respect de la signalisation lumineuse par le train en provenance de Payerne", a déclaré mardi lors d'une conférence de presse, Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise, au lendemain du drame qui a fait 1 mort et 26 blessés.

C'est "l'hypothèse privilégiée sur la base des éléments en main du procureur et des enquêteurs", a-t-il insisté.

"Nous sommes bouleversés par cet accident", a déclaré pour sa part le directeur général des CFF, Andreas Meyer.

Deux trains sont entrés en collision frontale, non loin de la gare de Granges-près-Marnand, un bourg en rase campagne au nord de Lausanne.

Un train provenait de Payerne en direction de Lausanne, et l'autre train arrivait en sens inverse. La personne qui est décédée est le conducteur du train qui provenait de Lausanne, un homme de 24 ans.

Selon le porte-parole, sous la violence du choc, le train a "rétréci de 8 mètres dans l'impact".

En conséquence, la police "ne peut exclure qu'un passager décédé y soit resté bloqué".

Les travaux de désincarcération se poursuivent sur place.

Selon Jocelyn Corniche, médecin chef des secours, "deux adultes et un enfant sont encore hospitalisés sur les 23 blessés recensés hier mais leurs jours ne sont pas en danger".

Le conducteur du convoi venant de Payerne, un homme de 54 ans, a eu le temps d'actionner le frein d'urgence, et comme les procédures Chemins de fer suisses (CFF) le préconisent, de quitter la rame. Ce train roulait à 40km/h, a indiqué M. Sauterel.

La vitesse du train qui venait de Lausanne n'a pas encore été déterminée, a-t-il ajouté.

M. Sauterel a par ailleurs indiqué que la sécurité était organisée par un employé des CFF présent dans la gare.

Peu avant la collision, le train venant de Payerne est arrivé en premier dans la gare pour déposer les passagers. Le train venant de Lausanne --un express régional-- est arrivé ensuite. Comme le veut les règles prévues à cette gare, le train provenant de Lausanne passe par la gare sans s'arrêter. Ce n'est qu'après que le train venant de Payerne peut redémarrer lorsqu'une signalisation lumineuse l'autorise.

Dans la zone de l'accident, il n'y qu'une voie ferrée de circulation, et les trains ne peuvent se croiser qu'à des points fixes biens déterminés, comme les gares.

Lundi, le train venant de Payerne a redémarré sans que les enquêteurs sachent vraiment ce qui s'est passé.

Pour l'instant, les enquêteurs ne parlent pas de responsabilité pénale, a précisé M. Sauterel.

Au total, plus de 30 ambulances, 34 médecins et infirmiers, 37 gendarmes et 28 pompiers ont été envoyés sur les lieux de l'accident.

Cette collision survient après trois autres drames en Europe: le déraillement d'un train français le 12 juillet près de Paris (7 morts), le déraillement d'un train espagnol le 24 juillet près de Saint-Jacques de Compostelle (79 morts) et l'accident d'un autocar italien le 28 juillet dans la région de Naples (38 morts).

En Suisse, la dernière collision de trains a eu lieu en janvier 2013 à Neuhausen, au nord de Zurich. 25 personnes avaient été légèrement blessées dans cette collision, due au non-respect d'un signal.

Le bilan revu à la baisse

Le bilan de la collision lundi entre deux trains de voyageurs à Granges-près-Marnand, en Suisse romande, a été revu à la baisse. En plus de la mort d'un des conducteurs, les secours font état de 26 blessés hospitalisés sur les 46 passagers du train. Le premier bilan évoquait 35 blessés. La vie des blessés n'est pas en danger, précise la police cantonale mardi. Ces personnes ont été emmenées dans les hôpitaux de Payerne, Yverdon, Montreux, Fribourg et au CHUV à Lausanne. Cinq d'entre elles étaient gravement atteintes.

Une dizaine de personnes plus légèrement touchées ont été prises en charge par des médecins sur place. Plusieurs victimes étaient en état de choc. Une cellule de soutien psychologique a été mise sur pied.

Les Chemins de fers fédéraux (CFF) ont exprimé mardi matin leurs condoléances à la famille de la victime. "La direction et les employés des CFF sont bouleversés par l'annonce du décès de leur collègue et par le fait que des blessés soient à déplorer", déclare l'entreprise dans un communiqué.

Les investigations se poursuivent afin de déterminer avec précision les circonstances exactes de l'accident. Une conférence de presse conjointe de la police cantonale et des CFF est annoncée pour 11h00 à Lausanne.

La collision est survenue vers 19h00 locales entre un train qui circulait en direction de Lausanne et un autre en provenance de Lausanne.

Les trains circulaient sur la même voie, alors qu'ils auraient dû se croiser au niveau de la gare de Granges-près-Marnand, selon une porte-parole des CFF.