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La compagnie à bas coûts Ryanair va faire face à de nouvelles grèves en Europe dans les prochains jours, avec la poursuite du mouvement des pilotes irlandais, rejoints par leurs homologues suédois, sans compter les menaces brandies en Allemagne et aux Pays-Bas.

Ryanair connaîtra vendredi le quatrième jour de grève de pilotes en Irlande, ce qui a contraint la compagnie irlandaise à annuler 20 vols sur les 300 prévus ce jour-la, soit 7% du total.

Ces annulations affectent 3.500 passagers, auxquels il a été proposé une solution de rechange. Environ 25% des pilotes sont grévistes dans le pays.

Le groupe a confirmé ces chiffres dans une lettre ouverte adressée mercredi à Forsa, le syndicat représentant ses pilotes irlandais, avec qui Ryanair souhaite discuter dès samedi ou la semaine prochaine pour éviter que le mouvement ne se poursuive.

Les pilotes irlandais, qui ont déjà mené trois jours de grèves en juillet, réclament de meilleures conditions de travail et la poursuite de la grève a été votée alors que Ryanair, en représailles du mouvement, a décidé la semaine dernière de réduire le nombre de ses vols au départ de Dublin pour l'hiver 2018.

Il entend transférer des avions vers la Pologne, ce qui pourrait coûter leurs emplois à 300 personnes, à savoir 100 pilotes et 200 personnels de cabine.

Nouvelles menaces

Dans un communiqué publié la semaine dernière, le syndicat irlandais Forsa fustigeait "le fait que la compagnie ne souhaite pas ou n'est pas capable de respecter son intention de se mettre d'accord sur les conditions de travail".

Les pilotes irlandais sont en outre désormais épaulés par leurs collègues en Suède qui ont annoncé mercredi se mettre en grève le 10 août.

Ce mouvement concernera environ 40 pilotes à l'aéroport de Skavsta, cité au sud-ouest de Stockholm, a indiqué à l'AFP Tommy Larsson, négociateur pour l'association des pilotes de ligne suédois.

Ce syndicat a évoqué dans un communiqué le "refus constant de la part de Ryanair de rencontrer et de négocier" avec ses représentants.

Ryanair est par ailleurs sous la menace d'actions de la part des pilotes allemands et néerlandais, qui n'ont toutefois pas encore déposé de préavis de grève.

Le syndicat des pilotes néerlandais a offert son "soutien" à leurs collègues irlandais dans leur grève, tout en annonçant que ses membres avaient voté en faveur d'une grève à 99,5% dans un communiqué mardi. Le syndicat indique que les discussions avec la compagnie aérienne sont toujours en cours, mais que l'organisation "perdait espoir quant à un résultat positif".

Malaise social

En Allemagne, les pilotes de la compagnie ont voté lundi à 96% pour la grève mais ont laissé à Ryanair "au maximum jusqu'au 6 août" pour négocier et "trouver tout de même" un accord. Quelque 400 pilotes sont stationnés en Allemagne, soit près de 10% du total de la compagnie.

La compagnie voit se multiplier les mouvements de grève en son sein, après avoir en particulier affronté la semaine dernière une grève sans précédent de la part de son personnel de cabine dans quatre pays européens, en Espagne, Italie, Portugal et en Belgique.

Le groupe n'a cessé de dénoncer ces mouvements sociaux et a averti qu'ils pourraient l'obliger à supprimer des vols et des emplois, avant de finalement mettre sa menace à exécution en Irlande.

Le malaise au sein de la compagnie a éclaté au grand jour à la suite d'un sérieux problème de planning de pilotes en septembre 2017 qui a entraîné un grave conflit social et des annulations portant au total sur 20.000 vols dans les mois qui ont suivi.

Cette crise a poussé Ryanair à négocier un virage à 180 degrés en entamant des négociations avec des syndicats dans plusieurs pays, alors que la compagnie avait toujours refusé de les reconnaître.

En raison de la crise des annulations de vols, le directeur général du groupe Michael O'Leary a renoncé à son bonus au titre de 2018, qui aurait pu atteindre un million d'euros sur fond de bons résultats de la compagnie.