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Vingt-quatre heures après des frappes occidentales contre la Syrie, l'Arabie saoudite accueille dimanche le sommet annuel des membres de la Ligue arabe qui devraient aussi discuter de l'Iran, du Yémen et de l'avenir de Jérusalem. 

L'Arabie saoudite a succédé à la Jordanie à la présidence tournante de cette organisation de 22 membres. Elle devrait oeuvrer pour une position dure et unifiée vis-à-vis de l'Iran, son grand rival au Moyen-Orient, estiment des experts. Ryad et Téhéran sont engagés depuis des années dans des conflits par procuration, de la Syrie au Yémen, en passant par l'Irak et le Liban.


Ce genre de réunion n'aboutit que très rarement à des actions concrètes. La dernière fois que la Ligue arabe, créée en 1945, a pris une décision forte remonte à 2011, quand elle a suspendu la Syrie en raison des responsabilités de son président dans la guerre. Damas ne sera donc pas représentée au sommet dimanche.

Le conflit syrien, certainement le plus complexe de la région, unit Ryad et ses alliés, qui soutiennent des rebelles principalement sunnites. L'Iran et son allié chiite du Hezbollah libanais sont engagés aux côtés du pouvoir de régime de M. Assad.

L'avenir de Jérusalem est également à l'ordre du jour du sommet arabe, alors que les Etats-Unis se préparent à y transférer leur ambassade depuis Tel-Aviv après avoir reconnu Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Début avril, le roi saoudien, âgé de 82 ans, avait "réaffirmé la position inébranlable du royaume sur la question palestinienne et les droits légitimes du peuple palestinien à un Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale".

Mais son fils, le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, 32 ans, avait estimé que les Israéliens avaient aussi le "droit" d'avoir leur propre Etat, envoyant un nouveau signal de rapprochement stratégique avec Israël qui, comme Ryad, considère Téhéran comme sa "bête noire".

Une majorité des pays du Sommet des Amériques soutient les frappes en Syrie

Une majorité des 33 pays réunis au Pérou pour le Sommet des Amériques ont soutenu les frappes occidentales en Syrie, se divisant en revanche sur le sujet du Venezuela et des élections à venir. Le vice-président américain Mike Pence, présent à Lima, a défendu durant la session plénière du Sommet le choix opéré par les Etats-Unis, avec la France et le Royaume-Uni, de mener des frappes ciblant les capacités d'usage d'armes chimiques du régime de Bachar al-Assad. Les frappes ont eu lieu en riposte à une attaque chimique présumée qui a touché Douma une semaine plus tôt, et dont l'Occident tient le régime de Damas pour responsable. "Nous n'accepterons pas ces attaques barbares, ni maintenant, ni jamais", a martelé Pence face aux responsables réunis, dont une quinzaine de chefs d'Etat. Il a dénoncé les "crimes d'un monstre" et appelé les pays de ce qu'il considère comme "l'hémisphère de la liberté" à soutenir les frappes menées par les Américains, les Britanniques et les Français.

Représentant Donald Trump, qui a renoncé au voyage pour se consacrer à la crise syrienne, Mike Pence a multiplié samedi les entretiens bilatéraux avec les dirigeants du continent, où ces attaques menées conjointement avec la France et le Royaume-Uni ne font pas l'unanimité.

Traditionnellement critiques envers Washington, la Bolivie, Cuba et le Venezuela se sont montrés les plus virulents. Le président bolivien Evo Morales a dénoncé "l'attaque irréfléchie de Trump contre le peuple frère de Syrie". Cuba a estimé que cette "attaque atroce" "constitue une violation d'un Etat souverain, qui aggrave le conflit". Et Caracas a fustigé une attaque "impitoyable et injustifiée".

Mais les responsables d'autres pays de la région ont surtout appelé à la prudence, comme le président brésilien Michel Temer qui a exprimé sa "profonde préoccupation face à l'escalade du conflit militaire en Syrie".

Son homologue mexicain Enrique Peña Nieto a dénoncé les attaques chimiques, demandant la fin du recours à "ces instruments aux conséquences si cruelles" "à travers le droit international". "Nous soutiendrons toujours les actions pour punir son usage et chercher son éradication, mais nous lançons aussi un appel à la paix", a dit le président colombien Juan Manuel Santos.