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Les enquêteurs internationaux de la Joint Investigation Team (JIT) ont affirmé jeudi que l'avion de la Malaysia Airlines MH17 avait été abattu par un missile Buk tiré par l'armée russe. 

Mais le modèle évoqué par les enquêteurs n'est plus utilisé par la Russie depuis 2011, a répondu vendredi le ministère russe de la Défense, cité par des médias locaux. Ces missiles anti-aériens ont été conçu à l'époque soviétique, en 1986. Ils ont été mis hors service après 25 ans, soit en 2011, pour être remplacés pour des raisons de sécurité par des versions plus modernes, indique le ministère.

Selon Moscou, l'Ukraine dispose de vingt missiles anti-aériens Buk et n'a jamais remplacé son arsenal depuis 1991.

La Russie se demande pourquoi les enquêteurs du JIT ne communiquent pas l'endroit où le missile a été retrouvé et de qui ils l'ont obtenu. Le ministère soupçonne que l'origine de la "preuve" est délibérément gardé secret parce que le missile vient probablement des forces armées ukrainiennes.

La Russie accuse les Pays-Bas de manipulation, l'UE réagit

Les Pays-Bas n'ont présenté "aucun fait" permettant d'accuser la Russie à propos de la catastrophe du vol MH17, abattu en 2014 au-dessus de l'Ukraine, a accusé ce vendredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok "ne m'a apporté aucune preuve" que le missile ayant abattu le vol MH17 appartenait à l'armée russe, a déclaré Lavrov après une conversation téléphonique avec son homologue néerlandais, au lendemain de la publication des résultats de l'enquête internationale accusant la Russie. Lavrov a estimé que les Pays-Bas "spéculent" sur cette catastrophe "à des fins politiques".

L'UE et l'OTAN exhortent la Russie à "reconnaître sa responsabilité"

L'Union européenne et l'OTAN ont exhorté quant à eux la Russie à "reconnaître sa responsabilité" dans la catastrophe du vol MH17. Dans un communiqué, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, appelle la Fédération russe "à reconnaître sa responsabilité et à coopérer pleinement avec tous les efforts visant à établir l'imputabilité" de la destruction de l'avion de la compagnie Malaysia Airlines.

Dans un communiqué séparé, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a lui aussi demandé à la Russie "d'accepter la responsabilité" de la catastrophe et de "coopérer pleinement" à l'enquête internationale.

"Ceux qui sont responsables doivent rendre des comptes", a ajouté le chef de l'Alliance atlantique.

Les enquêteurs "ont conclu que le Bouk-Telar (système de missiles anti-aérien de conception russe et soviétique, ndlr) qui a abattu le MH17 provenait de la 53e brigade anti-aérienne basée à Koursk, en Russie", a précisé l'enquêteur néerlandais Wilbert Paulissen.