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Le Premier ministre belge Charles Michel a appelé vendredi à une "solution pacifique" à la crise catalane sur Twitter.


Le parlement catalan a voté vendredi après-midi une résolution déclarant la Catalogne comme Etat indépendant sous forme de république. Le Sénat espagnol s'est ensuite prononcé en faveur de l'article 155 de la Constitution qui place la région espagnole autonome sous tutelle. "Une crise politique ne peut être résolue que par le dialogue. Nous appelons à une solution pacifique, dans le respect de l'ordre national et international", a tweeté Charles Michel en anglais. Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, lui a répondu, également en anglais et sur Twitter, que "le dialogue a été et sera toujours notre choix pour résoudre des situations politiques et aboutir à des solutions pacifiques".

Le Premier ministre belge avait déjà appelé au dialogue après la tenue du référendum sur l'indépendance catalane organisé le 1er octobre dernier et qui avait été émaillé de violences. Il avait alors été un des premiers et des seuls dirigeants européens à s'exprimer.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui affirmé sur Twitter que le vote du parlement catalan ne changeait rien pour l'Union européenne. "J'espère que le gouvernement espagnol favorisera la force de l'argumentaire et non la voie de la force", a-t-il encore écrit.

Vendredi après-midi, le parlement de Catalogne a voté, à majorité absolue, en faveur de la résolution exhortant l'exécutif régional indépendantiste à déclencher la sécession de la région.

Les sénateurs espagnols se sont ensuite prononcés à Madrid en faveur de l'article 155 de la Constitution qui place la Catalogne sous tutelle.



Un conflit interne qui doit se résoudre par le dialogue, dit Reynders

La déclaration d'indépendance de la Catalogne s'inscrit dans un conflit interne qui doit se résoudre par le dialogue, a indiqué vendredi le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, interrogé par la RTBF. "Nous souhaitons que le dialogue ait lieu et qu'il y ait une capacité de se concerter à l'intérieur de l'Espagne. C'est avant tout un problème espagnol. Comme toute l'Union européenne l'a dit aujourd'hui, il faut que les Espagnols se parlent entre eux et cherchent une solution", a déclaré M. Reynders.

Le chef de la diplomatie belge s'inscrit dans la déclaration du président du Conseil européen, Donald Tusk. "Mon interlocuteur, c'est mon collègue espagnol, le ministre des Affaires étrangères", a-t-il dit. "Nous travaillons ensemble, avec le gouvernement espagnol, c'est la logique qui a été rappelée par le président du Conseil européen".

Selon le ministre belge, la solution se trouve peut-être dans un dialogue associant l'ensemble des composantes de l'Espagne. "La seule solution, c'est un dialogue à l'intérieur du pays, qui ne concerne pas seulement Madrid et Barcelone. Il y a d'autres autonomies en Espagne. Si un équilibre doit être trouvé, il faudra sans doute passer par un dialogue avec les autres autonomies espagnoles", a-t-il expliqué.

Ce processus peut prendre du temps, a-t-il ajouté. Il importe, selon M. Reynders, qu'il se déroule sans qu'il y ait de violence ou de "dérapage".


Jan Jambon: "Le dialogue est et reste le mot-clé pour une solution politique"

"Le dialogue est et reste le mot-clé pour une solution politique", a affirmé Jan Jambon, ministre de l'Intérieur et vice-Premier ministre N-VA du gouvernement fédéral, vendredi soir sur Twitter. 


Un député N-VA appelle l'Europe à respecter la décision catalane

Le député Peter Luyckx (N-VA) a félicité vendredi le gouvernement catalan après la déclaration d'indépendance de la Catalogne. Selon lui, l'Europe et la communauté internationale doivent respecter la décision prise. "J'encourage l'Europe et la communauté internationale à respecter la décision du gouvernement catalan sur la base du droit international à l'autodétermination", a expliqué M. Luyckx.

Le député nationaliste flamand espère que "Madrid changera d'attitude". "Pour que la sécession de la Catalogne soit couronnée de succès, un accord avec Madrid est nécessaire, avec des arrangements clairs. Sinon, ce sera soit une déclaration vide, soit une première étape en vue de l'accession à une autonomie complète", a-t-il ajouté.


Macron assure Rajoy de son "plein soutien"

Le président français Emmanuel Macron a assuré vendredi le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy de son "plein soutien" pour "faire respecter" l'Etat de droit en Espagne, après la déclaration d'indépendance du Parlement de Catalogne. "J'ai un interlocuteur en Espagne, c'est le Premier ministre Rajoy.(...) Il y a un Etat de droit en Espagne, avec des règles constitutionnelles. Il veut les faire respecter et il a mon plein soutien", a dit M. Macron, interrogé par des journalistes au deuxième jour de sa visite en Guyane, département français d'Amérique du Sud.

Le chef de l'Etat a par ailleurs réitéré que la crise catalane était un "sujet intérieur" à l'Espagne.

M. Macron a, à plusieurs reprises ces dernières semaines, apporté son soutien à Madrid. "La démarche catalane ne s'inscrit pas dans les règles de l'Etat de droit espagnol", avait-il dit le 10 octobre. Il avait jugé qu'il y avait "une forme d'irrédentisme qui se joue en Catalogne" et que la démarche des séparatistes était entre autres motivée par des "égoïsmes économiques qui me font peur".

L'ancien Premier ministre Manuel Valls, natif de Barcelone, a également dénoncé le vote du Parlement de Catalogne. "Nous ne pouvons accepter le coup de force des indépendantistes catalans. Pour l'Europe, l'Espagne, la Catalogne, nous sommes avec le gouvernement espagnol", a-t-il tweeté.


Juncker: "L'UE n'a pas besoin d'autres fissures"

L'Union européenne "n'a pas besoin d'autres fissures, d'autres fractures", a réagi vendredi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. "Nous n'avons pas à nous insérer dans ce débat hispano-espagnol mais je ne voudrais pas que demain l'Union européenne se compose de 95 Etats membres", a déclaré à des journalistes M. Juncker, en déplacement en Guyane aux côtés du président français Emmanuel Macron.