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La police française savait que la camionnette à bord de laquelle la jeune Mawda a perdu la vie était impliquée dans un trafic d'êtres humains, et avait placé un traceur GPS sur le véhicule, écrivent mardi Het Nieuwsblad et Sudpresse. 

La patrouille belge qui a coursé la fourgonnette remplie de migrants, sur la E42 près de Mons, n'était pas au courant. "La police française avait placé un traceur sur la fourgonnette en question. Elle menait depuis un certain temps - en collaboration avec des enquêteurs belges - une investigation concernant un trafic d'êtres humains, et était dès lors au courant de l'itinéraire de la camionnette", a indiqué une source judiciaire à Het Nieuwsblad.

"Les patrouilles qui se sont lancées à la poursuite de la camionnette auraient plus que vraisemblablement eu une approche bien plus mesurée si elles avaient connu le contexte précis de cette affaire", selon des sources judiciaires citées par Sudpresse. "Pourquoi nos policiers n'ont-ils pas été mis au courant ou ne l'étaient-ils pas suffisamment? Le Comité P (la police des polices, NDLR) enquête là-dessus."

On ne sait pas si les enquêteurs belges étaient au courant du pistage français et s'ils l'ont signalé dans la banque centrale des données. Mais même un tel signalement n'aurait peut-être pas suffi, car la brigade qui a coursé la camionnette n'y aurait pas automatiquement eu accès.

Mawda, une fillette kurde de 2 ans, est décédée le 17 mai après une course-poursuite avec la police. Sa famille ainsi qu'une vingtaine de migrants avaient pris place dans une camionnette et tentaient de rejoindre l'Angleterre.