Monde Un enregistrement de quelques secondes retrouvé dans les décombres semble confirmer les données récupérées dans l’une des deux boîtes noires de l’A320, rapporte Paris Match qui a pu écouter l'enregistrement. Celui-ci provient d'un téléphone portable et son authenticité ne fait aucun doute.

On ne comprend pas tout, mais il est clair que les passagers avaient conscience de ce qu'il se passait au vu des cris et hurlements. "Mon Dieu" est ainsi prononcé dans plusieurs langues. S'en suivent plusieurs bruits métalliques, probablement le pilote tentant d'ouvrir la porte verrouillée. Ensuite, les cris s'intensifient après un choc, puis, plus rien.

De son côté, le procureur de la République de Marseille en charge de l'enquête judiciaire, Brice Robin, a indiqué, à l'agence de presse DPA, ne pas être au courant de la découverte d'un tel enregistrement. Selon lui, une série de gsm ont bien été retrouvés sur le site du crash dans les Alpes françaises, mais dans un mauvais état. Le procureur a donc précisé ne pas savoir si les données seront exploitables.

Des données ont également été récupérées dans le "Cockpit Voice Recorder", une des deux boites noires de l'Airbus. Avec cette boite, on peut entendre l'intégralité des sons et conversations émis depuis la cabine de pilotage. En voici le déroulé:


10h :L'avion décolle.

10h10: Le commandant de bord déclare à Lubitz : "je n’ai pas eu le temps d'aller aux toilettes avant le décollage."

Lubitz lui répond : "Vas-y quand tu veux".

10h27: L'avion a maintenant atteint son altitude de croisière : 38000 pieds (11 500 mètres).

Le commandant demande à Lubitz de vérifier que l’avion peut passer en mode descente. Lubitz acquiesce. Il répète au commandant encore une fois : "Tu peux y aller. Tu peux y aller maintenant".

10h28: Des bruits se font entendre depuis le siège du capitaine : le commandant ôte sa ceinture de sécurité. On entend la porte s’ouvrir. Le commandant dit à Lubitz :"Tu contrôles maintenant".

Lubitz répond sur un ton qui se veut léger : "J'espère".

10h30: Lubitz est seul dans la cabine. Il verrouille la porte blindée du cockpit grâce au bouton « Lock » : il est désormais impossible de l’ouvrir de l’extérieur.Puis on l’entend reprogrammer le pilotage automatique pour accélérer la vitesse de descente et passer de 38000 pieds (11 000 mètres) à 100 pieds (30 mètres) en quelques minutes.

10h33: La descente commence : l'avion perd 3000 pieds (900 mètres) d'altitude par minute.Le contrôle aérien s’en aperçoit. Il essaye à plusieurs reprises de contacter l’avion par radio. Lubitz ne répond pas.

On entend le commandant qui tente d’ouvrir la porte de la cabine et frappe à la porte : "c'est moi !".Il est face à une caméra reliée au cockpit : Lubitz le voit sur l’écran mais ne réagit pas.Le commandant s’empare d’une bouteille à oxygène ou d’un extincteur dans le but de défoncer la porte.Pas de réponse. Le commandant crie : "Pour l'amour de Dieu, ouvre cette porte!".

10h34: Une première alarme retentit, sonore et visuelle : « SINK RATE, PULL UP » (chute importante, redressez !).

Pas de réaction de Lubitz.

A travers la porte du cockpit, on entend les premiers passagers s’affoler dans les travées.

10h35: Le commandant demande qu’on aille chercher un-pied-de-biche caché à l’arrière de l’appareil.Des coups plus forts retentissent contre la porte, suivis de bruits métalliques.Le commandant essaye de tordre la porte avec le pied-de-biche.

10h37: Une seconde alarme se déclenche, sonore et visuelle : "TERRAIN, PULL UP" (Sol, redressez!). Toujours pas de réaction de Lubitz.

Le commandant : "Ouvre cette foutue porte !"

10h38: Malgré le vacarme ambiant,on identifie clairement le souffle de Lubitz parce qu’il a mis un masque à oxygène. Il respire normalement. L'avion est à 13 000 pieds (4000 mètres).

10h40: On entend un bruit violent qui vient de l’extérieur. Au même moment, à l'intérieur, des hurlements. L’Airbus vient de heurter une montagne avec son aile droite.

Plus aucun autre son que celui des alarmes et les cris des passagers.

10h41: L'avion heurte de plein fouet le massif de l’Estrop à 5000 pieds (1500 mètres d’altitude) et 800km/h.