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Plusieurs organisations syriennes ont appelé lundi la Russie, qui accueille en juin le Mondial de football, à faire adopter un cessez-le-feu d'un mois dans la Syrie en guerre, Moscou étant allié au régime de Bachar al-Assad. La Syrie est ravagée depuis 2011 par un conflit meurtrier et les institutions internationales réclament régulièrement des trêves entre les belligérants. Mais quand celles-ci sont adoptées, elles finissent souvent par voler en éclats.

La coalition "Nous existons! ", qui regroupe des mouvements de la société civile syrienne, réclame à présent une "Coupe du monde pour la Paix". La campagne intervient à l'approche du Mondial 2018 de football, qui s'ouvre le 14 juin en Russie.

L'objectif est d'appeler "le président russe Vladimir Poutine et les autres dirigeants du monde à établir un cessez-le-feu à l'échelle nationale en Syrie avant le début de la compétition", selon un communiqué commun.

"Alors que l'attention du monde se tourne vers le football en Russie, la guerre en Syrie continue de détruire des vies et d'infliger d'immenses souffrances à des hommes, femmes et enfants", déplore Bassam Al-Ahmad, directeur exécutif de l'ONG Syrians for Truth and Justice.

La campagne est menée à l'aide d'une vidéo qui met en lumière les souffrances des Syriens depuis la dernière Coupe du monde en 2014.

"Pour la Russie, la Coupe du monde est un 'tournoi de rêves' mais en Syrie, il n'y a aucune raison de rêver", assène Maria Al Abdeh, à la tête de l'ONG Women Now for Development. "Pour des centaines de milliers de civils innocents, la Coupe du monde passera inaperçue tant que les combats se poursuivent et que les bombes continuent de tomber", souligne-t-elle.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques par le régime de Bachar al-Assad, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes djihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a déjà fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.