Monde Le 13 novembre 2015 les djihadistes faisaient 130 morts et 350 blessés.

Deux ans après les attentats qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés le 13 novembre 2015 à Paris, les investigations progressent sur la cellule djihadiste responsable, mais Salah Abdeslam, seul membre des commandos encore en vie, garde le silence et les commanditaires manquent à l’appel.

Ce soir-là, neuf hommes avaient attaqué en plusieurs points la capitale française, semant la mort aux abords d’un stade, à des terrasses de restaurants et dans la salle de concerts du Bataclan.

Où en est l’enquête ?

La capture de Salah Abdeslam n’a pas eu les résultats escomptés : l’ex-délinquant de 28 ans, devenu djihadiste, se tait depuis sa remise à la France en avril 2016. Contre toute attente, il a souhaité comparaître à un procès en décembre à Bruxelles dans un dossier lié à sa cavale, mais rien ne dit qu’il s’exprimera au cours de ce procès. Une grande partie des membres de la cellule, responsable des attentats du 13 novembre 2015 comme de ceux de Bruxelles le 22 mars 2016 (32 morts), ont été tués ou arrêtés. Des commissions rogatoires ont été envoyées dans toute l’Europe, en Turquie et au Maghreb pour tenter de reconstituer l’ensemble du réseau de complicités qui ont permis à cette cellule de s’infiltrer dans le flux des migrants à l’été 2015 et d’organiser des attentats en Europe sur ordre du groupe Etat islamique. Au total, une quinzaine de suspects sont inculpés ou visés par un mandat d’arrêt.

Les suspects ?

Outre Abdeslam, six personnes sont écrouées en France, dont deux hommes soupçonnés d’avoir été missionnés pour participer aux attaques : Adel Haddadi, un Algérien, et Muhammed Usman, un Pakistanais. Les deux hommes, venus de Syrie avec deux kamikazes du Stade de France, avaient finalement été arrêtés en Autriche un mois après les attaques. Trois proches d’Abdeslam, impliqués dans sa fuite au lendemain des attentats, et un homme mis en cause dans la fabrication de faux-papiers pour les djihadistes sont aussi détenus en France. La Belgique détient cinq autres suspects réclamés par les juges français. L’un d’eux, Mohamed Abrini, "l’homme au chapeau" des attentats de Bruxelles, a été brièvement transféré en France en janvier pour être inculpé. Le cas de Jawad Bendaoud, poursuivi pour avoir logé Abdelhamid Abbaoud, a été disjoint ainsi que celui de deux autres protagonistes.

Les commanditaires

Oussama Atar a été identifié, sous le nom de guerre d’"Abou Ahmed", par un des deux hommes arrêtés en Autriche, comme étant son donneur d’ordre depuis Raqa (Syrie). Ce Belgo-Marocain de 32 ans, est le cousin des frères El Bakroui morts à Bruxelles et le frère de Yassine Atar, détenu en Belgique. Des conversations exhumées d’un ordinateur de la cellule ont éclairé le "rôle central" qu’a joué cet "émir" de l’EI dans "la préparation d’actions violentes en Europe", selon les enquêteurs belges. Les juges ont également émis un mandat contre Ahmad Alkhad. Sous ce nom d’emprunt se cache le possible artificier du groupe. Son ADN a été retrouvé sur des ceintures explosives des djihadistes à Paris. Le journal "Le Monde", dans son édition du 11 novembre, épingle le fait que les attentats de Paris auraient pu être téléguidés depuis un restaurant thaïlandais de Bruxelles, non loin de la gare du Midi, "géré par un homme connecté au milieu du grand banditisme bruxellois", qui aurait employé un temps un des frères el Bakraoui, selon le journal.